Pascal Couchepin met St-Pétersbourg à l’heure
Pour sa première visite officielle à St-Pétersbourg, le président de la Confédération offre plusieurs cadeaux à la ville.
100 montres pour séduire les officiels et la population. Et l’occasion de renouer les liens distendus entre la Suisse et la Russie.
«La Suisse a voulu faire un cadeau qui profite à toute la population de St-Pétersbourg et non pas à quelques privilégiés».
C’est ainsi que Pascal Couchepin a justifié le cadeau de 100 horloges suisses et de 26 bancs publics à la ville de St-Pétersbourg.
Depuis la riche artère de la perspective Nevski, le cortège des officiels a traversé la ville en trombe pour inaugurer officiellement les premières horloges qui égayent les rues de la ville en plusieurs endroits.
La circulation ayant été bloquée pour l’occasion, la délégation a pu voir dans des conditions idéales les façades néo-classiques rénovées pour le tricentenaire de la ville et l’architecture post-moderne qui caractérise la nouvelle gare de Ladoga.
Les trains à l’heure suisse
Car le rythme des arrivées et des départs des trains du Nord de la Russie sera désormais signalé par des horloges suisses, en tout point semblables à celles que chaque Helvète connaît.
Le cortège est ensuite reparti au bord de la Neva pour célébrer cette fois la rénovation de l’horloge de Mendeleïev effectuée par des artisans suisses en collaboration avec leurs homologues russes.
Placées sous l’imposante arche du bâtiment de l’ancien état-major de l’armée tsariste, Pascal Couchepin a ensuite fait quelques pas en direction de l’Ermitage, accompagné par le gouverneur de St-Pétersbourg, Alexander Beglov, et le responsable de l’urbanisation de la ville, Oleg Kharchenko.
Pour Maria-Teresa Cano, responsable du projet au sein de Présence Suisse, il s’agit d’un coup important. «La montre se trouve dans un endroit stratégique et a une valeur particulière pour les citoyens car, grâce à Mendeleïev, elle a rendu plus précise la mesure de l’écoulement du temps».
Les autres montres sont réparties un peu partout dans la ville. A la sortie des métros, au milieu des grandes artères, même sur certaines églises.
Leur design discret leur permet de se fondre dans l’architecture caractéristique de la ville et seule une légère marque rouge, placée sous le midi, indique leur provenance.
Genève et les cantons s’associent
Mais pour contrecarrer les contraintes imposées par le style de la ville, Genève a également offert une sculpturale horloge florale, semblable à celles que l’on trouve à Genève et à Zurich, qui orne les allées du Parc Alexandrovski.
De leur côté, tous les cantons se sont assemblés pour garnir le parc de 26 nouveaux bancs publics. Ils permettront aux visiteurs de soulager leurs jambes endolories par les longues heures de marche qu’impose la visite de St-Pétersbourg, en admirant la pointe de l’église de la forteresse Pierre et Paul.
Modestes mais pratiques, ces cadeaux permettent de nouer des contacts officiels, qui par la suite, en appelleront de nouveaux. Une façon de retisser les liens quelque peu distendus qui unissent les deux pays.
Mais surtout, cette manifestation permet à la Suisse de se faire remarquer. Exclue des célébrations officielles du tricentenaire de la ville pour cause de non-appartenance à l’Union européenne, elle tient ici l’occasion de monopoliser l’attention des autorités et des citoyens.
«La visibilité de la Suisse en tant que telle est beaucoup plus importante que si nous avions été reçus en même temps que les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et l’Union européenne», souligne un membre de la délégation présidentielle.
Et dans une Russie courtisée par la quasi-totalité de l’Occident en raison de sa croissance économique, la Suisse ne peut pas se permettre d’être distancée.
swissinfo, Daniele Papacella et Jean-Didier Revoin, St-Pétersbourg
La Suisse offre à la ville de St-Pétersbourg 100 horloges publiques.
L’horloge du Palais de l’Etat-Major a également été rénovée par la Suisse pour l’occasion.
Et les cantons ont offert 26 bancs publics. Le tout a coûté 500’000 francs.
Un événement exceptionnel est venu perturbé le voyage officiel du Président de la Confédération. Pascal Couchepin a en effet été contraint de retarder son voyage en Russie.
Dans la soirée de mardi, l’aéroport de Bern-Belp a été victime d’une alerte à la bombe.
Les contrôles nécessaires pour prévenir tout risque de catastrophe ont entraîné un retard de plusieurs heures. Mais la délégation a fait savoir que le Président n’était pas visé.
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