Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Quand le théâtre propose la paix

Un instant des «Confessions d'un musulman de mauvaise foi» de Slimane Benaïssa. 

(Elisabeth Tréhard)

Trois spectacles racontent notre quotidien déchiré entre pulsions meurtrières et besoin de tolérance. Violence, méditation et rire sont au rendez-vous.

De Genève à Lausanne, la guerre et la paix: les trois spectacles mettent en scène l'une et l'autre.

Guerre au Théâtre de Vidy-Lausanne, déclarée entre un fils et ses parents dans une pièce aux résonances mythiques: «Le projet H.L.A».

Ce projet, réalisé par la metteuse en scène Razerka Ben Sadia-Lavant, est l'oeuvre de l'auteur français Nicolas Fretel. Employé dans un centre pour la protection judiciaire, ce dernier s'inspire de son expérience professionnelle pour revisiter le mythe du parricide.

Mythologie trash

Un mythe vieux comme le monde, qui autorise ici toutes les dérives. Un fils violé par son père et mal aimé de sa mère, décide, avec la complicité de celle-ci, de tuer son géniteur. Mais avant d'accomplir son geste fatal, que d'égarements, que d'affrontements, que de blessures!

Pour un fils en rupture de ban, voici donc un spectacle en rupture de tons. La pièce avance par flash-back, avec moult arrêts sur image. Et la tragédie se joue sur fond de comédie trash.

Nicolas Fretel affirme que «la vilolence quotidienne des liens familiaux est aussi traumatisante que guerres et massacres». Comment ne pas lui donner raison?! Comment aussi ne pas vouloir lui envoyer un signe d'apaisement?

Hasard du calendrier: ce signe lui vient de la part de deux metteurs en scène qui, à Genève, font vivre la paix. L'un, Peter Brook, présente à la Comédie «Tierno Bokar». L'autre, Slimane Benaïssa, monte au Théâtre Saint-Gervais un texte de son cru: «Les Confessions d'un musulman de mauvaise foi».

Le ciel, source de vérité

Les deux hommes parlent de religion, sujet ô combien épineux, mais qui enseigne ici la tolérance. Peter Brook propose une «recherche théâtrale» (c'est sa formule) sur le personnage de Tierno Bokar. Un nom qui ne dit rien au grand public, mais n'en cache pas moins un grand sage.

Adepte de l'Islam soufi, Tierno Bokar (1875-1943), qui a vécu au Mali où il est né, fut le maître du très respecté auteur malien Amadou Hampaté Bâ. C'est d'un récit écrit par ce dernier que Brook s'est inspiré pour monter son spectacle.

Atmosphère de méditation donc pour ce «Tierno Bokar». Sur scène, trois fois rien: une natte (comme d'habitude chez Brook) et un arbre dénudé dont le tronc fourche, au sommet, comme une fronde en direction du ciel.

Ce ciel que Bokar invoque comme source de vérité et d'apaisement.

Le rire pour parler de Dieu

A l'enseignement du maître malien qui prêcha sa vie durant un Islam pacifiste, répondent en écho «Les Confessions d'un musulman de mauvaise foi». Si Brook fait appel à la méditation pour parler de Dieu, l'Algérien Slimane Benaïssa passe, quant à lui, par le rire.

Il ne faut pas croire pour autant que l'auteur et metteur en scène de ces «Confessions» fait un pied de nez au ciel. Loin de là. A sa manière, très vive, très fine, il déloge un tas de préjugés sur l'Islam. Et ce, au fil de son histoire personnelle, de ses convictions et des affrontements qui ont embrasé l'Algérie française puis nationaliste.

«Dieu, c'est l'embarras des intelligences humaines», dit Tierno Bokar. Même résonance chez Slimane Benaïssa.

swissinfo, Ghania Adamo

En bref

- «Tierno Bokar», à Genève, La Comédie, jusqu'au 25 mai.

- «Les Confessions d'un musulman de mauvaise foi», à Genève, Théâtre Saint-Gervais, du 23 au 29 mai.

- «Le projet H.L.A», à Lausanne, Théâtre de Vidy, jusqu'au 5 juin.

Fin de l'infobox


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


Sondage Suisses de l'étranger

Sondage: clavier et main close up

Suisses de l’étranger, donnez-nous votre avis

Meinungsumfrage

subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.