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Symphonie en Yes majeur à Zurich

Jon Anderson ( au premier plan ) parmi ses complices du groupe Yes. SP/PHONAG

Rock symphonique... avec orchestre symphonique. Yes est de passage à Zurich vendredi. Et la machine semble ne rien avoir perdu de sa puissance.

Jon Anderson, Steve Howe, Chris Squire et Alan White, cela vous dit quelque chose? Mais oui, ce bien sont les mêmes qui, à l’aube des seventies, inventaient le rock symphonique. A cette formation standard, il ne manque aujourd’hui que Rick Wakeman, le flamboyant virtuose des claviers, qui préfère décidément le travail en solo.

Plus durs que les Floyd, plus mystiques que Genesis, plus inventifs que Supertramp, les cinq Britanniques ont déjà presque 30 ans quand ils entament leur parcours commun. En deuil des Beatles, le rock anglais célèbre alors une nouvelle génération de stars à paillettes: T-Rex, Bowie, et la kyrielle de «bubble gum bands» qui les suivent avec plus ou moins de bonheur.

«A l’époque, il fallait avoir 20 ans et un certain sens du glamour, alors que nous n’étions que des musiciens», se souvient Jon Anderson, éternel chanteur de Yes. Des musiciens qui ne manquent pas d’idées, et passent des heures à construire ces morceaux de bravoure de 10 ou 20 minutes qui ont toujours été la marque de fabrique du groupe.

Un pied dans le 21ème siècle

Et apparemment, la recette ne s’use pas. Pour cette tournée, qui a débuté l’an dernier en Amérique et va s’achever à Noël en Angleterre, Yes a ressorti les «Close to the edge», «And you and I» et autres «Gates of Delirium», qu’ils jouent pratiquement chaque soir, pour le plus grand bonheur du public.

Ce qui est nouveau, c’est la présence d’un orchestre symphonique. Une très vieille envie de Jon Anderson, qui a fini par s’imposer aux autres. «Nous avions décidé, il y a six ans, d’entamer un cycle qui nous conduirait dans le 21ème siècle, confie le chanteur. Et maintenant que nous y sommes, nous allons faire un bon break à la fin de cette tournée».

La fin de Yes? Peut-être pas, simplement la fin d’un cycle, marquée par l’enregistrement d’un album avec orchestre, «Magnification», dont on retrouve deux ou trois titres au répertoire de la tournée. Et même si la facture est un peu différente, pas de doute, c’est bien du Yes pur sucre.

L’âge de la maturité

Aboutissement logique d’une démarche, cette fusion avec des instruments classiques, loin d’enrober la musique de sirop comme il arrive trop souvent dans ce cas de figure, lui fait au contraire gagner en finesse et en puissance.

Et Jon Anderson n’a peut-être jamais aussi bien chanté. Cette voix un peu fluette au départ, qui pouvait déranger par son registre haut perché, a gagné avec les années une amplitude et une justesse rarement atteintes auparavant.

«C’est la période de la maturité, cela vient naturellement avec l’âge et pour autant que vous gardiez le plaisir de chanter», explique Jon Anderson (57 ans). Et à en croire les critiques de la tournée, ses trois compères ont aussi su cultiver la flamme. Moments d’exception en perspective.

«Nous sommes du soleil»

Yes, c’est également cette dimension spirituelle qui habite les paroles des chansons. «In this world, gods have lost their way», chante Jon Anderson, en ouverture de «Spirit of Survival», sur le dernier album. «Dans ce monde, il y a trop de dieux, il y a trop de religions, c’est pourquoi nous avons tant de conflits. Personne n’a le droit de dire qu’une religion est supérieure à une autre».

Au travers de leurs chansons, les Yes essaient de comprendre la vie et pourquoi elle regorge de tant de problèmes. Un remède? «Je chante l’amour, explique Jon Anderson, parce que c’est une force extraordinairement puissante».

«Nous avançons dans la vie, en regardant ce qui se passe autour de nous. Dans notre dernier album ‘Magnification’, j’évoque le problème des réfugiés. Car il n’y en a jamais eu autant, par ces temps de guerre.»

«Si nous réfléchissons un peu, nous avons tous la même valeur sur cette planète. Nous sommes tous reliés à l’énergie d’un seul et même Dieu. Donc, nous devons reconnaître que nous sommes tous des réfugiés.»

«Je cultive l’optimisme», conclut Jon Anderson. La moindre des choses lorsque l’on est depuis plus de trente ans le ‘frontman’ et le parolier d’une formation nommée Yes. Au fait, pourquoi le groupe le plus affirmatif de la scène rock a-t-il choisi ce nom? «Parce que c’était court et doux». Simplement.

Marc-André Miserez / Emmanuel Manzi

Yes en concert le 16 novembre à Zurich, Kongresshaus, 20h00

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