Une exposition à humer et à renifler
La cannelle, le clou de girofle, la menthe ou encore le chocolat... Les odeurs ont envahi le Musée d'histoire naturelle de Neuchâtel. «Né pour sentir» permet au visiteur de reprendre conscience de ce sens mystérieux et souvent négligé qu’est l’odorat.
La cannelle, le clou de girofle, la menthe ou encore le chocolat… Les odeurs ont envahi le Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel. «Né pour sentir» permet au visiteur de reprendre conscience de ce sens mystérieux et souvent négligé qu’est l’odorat.
«Né pour sentir» a été conçue en Belgique. Depuis, cette exposition interactive se balade en Europe. Et rencontre un grand succès. Sa mission: réhabiliter ce sens dont nous n’avons pas conscience et qui est pourtant omniprésent.
L’odorat. Sans doute le sens le plus instinctif que nous possédions. «On n’a pas de mots pour parler d’odeurs», explique Christophe Dufour, conservateur du Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel. «Contrairement aux couleurs, il n’y a pas de vocabulaire simple pour exprimer les odeurs.» D’où un certain mystère.
L’homme a une relation étrange avec l’odorat. Et avec son nez. Souvent, il le souhaiterait plus discret. «Quand on parle du nez, les gens voient toujours le promontoire au milieu du visage. Et celui-là, ils ne l’aiment pas beaucoup. Pire encore: avoir un bouton sur le nez, c’est tout simplement inadmissible!»
A cet organe extérieur, l’homme associe un sens très personnel. Chacun a ses propres souvenirs d’odeurs. Des souvenirs d’enfance souvent: le parfum de l’armoire de grand-mère, le cacao chaud, etc. «Et donc quand on parle du nez, on touche très vite à quelque chose d’intime». Pour Christophe Dufour, «c’est peut-être pour cette raison que les gens rêvent d’un nez plus anonyme».
Souvent considéré comme secondaire, l’odorat est pourtant omniprésent. Et les réactions qui lui sont liées, presque toujours violentes. Dans le positif comme dans le négatif. «Si on n’apprécie pas l’odeur d’une personne, on la repoussera. Pareil pour les parfums. Impossible d’imaginer une relation amoureuse avec quelqu’un qui porte un parfum qui ne nous convient pas.»
L’exposition «Né pour sentir» joue avec ces sentiments complexes. Le visiteur va d’émotions en surprises et se laisse piéger en souriant. Il plonge son nez dans des bocaux, des flacons de parfum. Devine le miel et l’orange. Mais aussi les poubelles et les odeurs de toilettes… A humer jusqu’au 9 juillet au Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel.
Pour mieux cerner cet univers complexe, l’Atelier des Musées propose différentes animations liées à l’exposition. Un atelier chocolat, oenologie, parfumerie ou encore un programme consacré au flair des chiens. Le Jardin botanique de Neuchâtel et le Musée d’histoire naturelle de la Chaux-de-Fonds présentent également des expositions sur le thème de l’odorat.
Alexandra Richard
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