A Wimbledon, Federer met un terme au règne de Sampras
Roger Federer a réussi lundi le plus bel exploit de sa carrière en faisant plier Pete Sampras, roi de Wimbledon, en cinq sets 7-6 5-7 6-4 6-7 7-5 en 3 heures et 41 minutes d'un huitième de finale où le Bâlois a poussé l'Américain dans ses derniers retranchements pour le faire craquer.
D’autres se seraient peut-être inconsciemment satisfaits de fouler pour la première fois le central mythique de Wimbledon. Pas lui. «Je ne suis pas venu pour gagner un ou deux sets, mais pour battre Sampras». Roger Federer avait annoncé la couleur. Il a tenu parole et mis un terme au règne de quatre ans de Sampras dans ses jardins anglais où il n’avait plus cédé depuis 1996, son seul faux-pas depuis huit ans.
Ce 2 juillet restera comme une date magique pour le Suisse, qui confirme avec fracas et éclat son entrée dans la cour des tout grands du tennis. «C’est le plus grand succès de ma vie, mentionne-t-il rayonnant dans la peau du vainqueur. Cela me donnera toute la confiance possible pour aller encore plus loin».
Fort de son moral d’acier, il a d’emblée démontré que le palmarès de son rival, tête de série numéro un, ne l’impressionnait pas. Dès le début, avec un service aussi performant que celui de Sampras et un jeu de volée constant, Roger Federer plaçait la barre très haut, sauvant deux balles de set au tie-break avant de remporter finalement la première manche.
Au fil des jeux, le Bâlois est toujours parvenu à résister à la cadence infernale de l’homme aux services de plomb. Sur l’ensemble de la partie, les deux joueurs ont réussi le même nombre d’aces (25) et jamais, malgré une blessure passagère à la jambe gauche, Federer ne laissa filer Sampras. L’égalisation à deux sets partout réussie par l’Américain n’affecta pas outre mesure le Suisse, qui allait cueillir comme un fruit mûr la récompense de sa ténacité sur un ultime retour de service gagnant en revers. La sensation était parfaite.
Fair-play même dans la défaite, Pete Sampras tient son bourreau en haute estime. «De nombreux joueurs pointent le bout de leur nez, mais Roger a quelque chose de particulier. Et, comme moi, il masque bien ses émotions, il faut lui donner beaucoup de crédit…»
Jusqu’où Federer peut-il désormais aller? «Après avoir battu Sampras, j’ai peut-être une chance de remporter le tournoi. Mais je veux prendre les matches les uns après les autres.» Mercredi, il se frottera en quart de finale au Britannique Tim Henman ou au routinier américain Todd Martin.
Jonathan Hirsch
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