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Carla Del Ponte frappe en Croatie

Carla Del Ponte a repoussé les objections du gouvernement croate. Keystone Archive

La procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) a annoncé vendredi à Zagreb l'inculpation de deux croates pour crimes de guerre. C'est la première fois que le TPI s'attaque officiellement à des responsables Croates. Ces inculpations pourraient susciter une vague de protestations dans le pays.

Ni la Suissesse Carla Del Ponte ni le Premier ministre croate Ivica Racan n’ont donné les noms des deux personnes concernées. Ils n’ont pas non plus mentionné de date-butoir pour leur reddition.

Tout en réaffirmant l’engagement du nouveau pouvoir de Zagreb à coopérer avec le TPI, Ivica. Racan, n’a pas dit non plus si les deux suspects seraient extradés vers les Pays-Bas. «Nous sommes obligés de respecter les décisions de La Haye. Nous allons bien sûr faire tout ce qui sera en notre pouvoir pour faciliter la coopération» avec le TPI, a-t-il ajouté en précisant que le gouvernement devait à présent décider de la procédure à suivre.

Depuis 1996, la législation de Croatie prévoit la coopération avec le tribunal chargé de juger les crimes commis dans les guerres de l’ex-Yougoslavie. Une situation qui limite la marge de manœuvre du gouvernement de Zagreb, au pouvoir depuis 18 mois. S’il refuse l’extradition, le pays a toutes les chances d’être isolé par la communauté internationale et, peut-être même, de se voir infliger des sanctions.

La Suissesse Carla Del Ponte a précisé qu’elle avait délivré les mandats d’inculpation aux autorités croates le mois dernier. Le chef du gouvernement croate avait protesté par écrit contre cette inculpation. La procureure a donc fait le voyage à Zagreb pour lui expliquer pourquoi elle rejetait ses objections.

Des rumeurs sur l’inculpation imminente de généraux croates pour crimes de guerre contre des Serbes couraient depuis longtemps. La presse croate suggérait les noms du général en retraite Ante Gotovina, et du général d’origine albanaise Rahim Ademi.

Les anciens combattants de la guerre de 1991 ont déjà fait savoir qu’ils s’opposeraient «par tous les moyens» aux extraditions et qu’ils protègeraient les militaires concernés. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté, il y a quelques mois, après l’inculpation par un tribunal local d’un ancien général, accusé de crimes de guerre.

Le TPI avait déjà fait savoir que des inculpations allaient tomber. Ces enquêtes portent notamment sur le massacre de plusieurs centaines de Serbes tués après l’offensive lancée par Zagreb en 1995 pour reprendre les territoires passés sous contrôle serbe pendant la guerre de six mois de 1991.

swissinfo avec les agences

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