Carla Del Ponte salue la décision de la Croatie
Vingt-quatre heures après sa visite à Zagreb, Carla Del Ponte a obtenu gain de cause. Samedi, le gouvernement croate a accepté de transférer au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie les accusés qu'elle lui réclamait.
La décision du gouvernement est tombée au terme d’une réunion houleuse de plus de huit heures, qui n’a pas été sans conséquences politiques. Quatre ministres, dont le vice Premier ministre Goran Granic, ont démissionné.
Tous ces membres du Parti socio-libéral croate sont opposés à la coopération avec le tribunal. C’est dire que la procureur a de bonne raisons de « saluer la décision de la Croatie de poursuivre la pleine coopération avec le TPI».
Pour bien comprendre la situation, il faut expliquer les dessous de l’affaire. Il y a un mois, Carla Del Ponte avait adressé au gouvernement croate deux inculpations secrètes.
Mais le Premier ministre avait contesté certaines phrases inscrites dans les actes d’accusation qui constituaient à ses yeux une culpabilisation de la Croatie en général. Ivica Racan réclamait la suppression de ces quelques mots.
Vendredi, Carla Del Ponte s’est rendue à Zagreb pour expliquer au chef du gouvernement qu’un acte d’accusation est un document légal, signé par un juge, qui ne peut être modifié sans son accord mais dont chaque élément peut être contesté pendant le procès.
L’argument juridique, ajouté à la volonté de la Croatie «d’intégrer rapidement l’Europe», ont eu raison des réticences du gouvernement.
Au bureau du Procureur, on attend donc les « premiers signes concrets: l’arrestation des accusés». Officiellement, leur identité est gardée secrète. Selon la presse croate, il s’agit de deux généraux: Rahim Ademi et Ante Gotovina, accusés de crimes de guerre commis à l’encontre de la minorité serbe de Croatie, au début des années 90.
Alain Franco
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