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Frégates pour Taïwan: Genève bloque 800 millions

Une des six frégates vendues par la France à Taiwan. Keystone Archive

Bernard Bertossa, procureur général de Genève, a vraisemblablement mis le nez dans l'une des plus belles affaires de pots-de-vin de ces dernières années. En 1991, lors de la vente de six navires de guerre, des intermédiaires français, taiwanais et chinois auraient empoché 1,2 milliard de francs. La justice suisse a déjà retrouvé 800 millions.

L’histoire s’accélère. Pendant une décennie, il ne s’était pratiquement rien passé concernant cette gigantesque affaire de commissions distribuées à l’occasion de la vente de six frégates françaises à Taiwan. A Paris, comme à Taipeh, personne ne se montrait excessivement pressé d’enquêter sur cette affaire susceptible d’éclabousser la classe politique.

«Je sais que le parquet a tous les éléments et qu’il ne fait rien», déclarait tout récemment Roland Dumas, l’ancien ministre des affaires étrangères, mis en cause dans l’affaire Elf. Mieux, lors du procès de Roland Dumas, le directeur du Crédit Lyonnais à Taiwan affirmait qu’il avait vu passer des ordres de virement, sans que cela n’intéresse les juges.

Et c’est, une nouvelle fois, la Suisse qui risque de mettre le feu aux poudres. Mardi matin, Bernard Bertossa, procureur général de Genève, annonçait en effet que 800 millions de francs, déposés sur des comptes bancaires en Suisse, au Liechtenstein et au Luxembourg, avaient été bloqués à la demande de la justice genevoise.

Plusieurs banques helvétiques ont reconnu qu’elles détenaient de l’argent apparemment lié à cette vente de navires militaires à la Chine nationaliste. Le Credit Suisse Group et la banque Leu ont bloqué 250 millions de francs. Autres établissements financiers cités dans cette affaire, les banques Sarasin et Julius Bär, et la Banca della Svizzera Italiana (BSI).

De son côté, le procureur de Vaduz annonçait avoir séquestré 59 millions de francs. Résultat, le parquet de Paris a enfin décidé d’ouvrir une information judiciaire contre X pour «abus de biens sociaux et recel». L’enquête a été confiée à deux magistrats pugnaces, Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé.

Ian Hamel

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