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L’argent… roi de la nouvelle saison de football

A peine fêté le dernier titre, Grasshopper repart une nouvelle fois favori. Keystone Archive

Mercredi, le championnat de LNA 2001-2002 s'ouvre sur un football romand plus que jamais fragilisé sur le plan économique. Tandis que le riche bassin zurichois met en exergue Grasshopper et sa perle d'outre-Atlantique, Nunez.

«Grasshopper, avec un budget de 30 millions de francs, est le favori du championnat 2001-2002», déclare Edmond Isoz, directeur de la Ligue nationale de football. Il voit ensuite comme outsiders: «Bâle (budget: 20 millions) et Servette (9,5 millions)».

Pas de miracle! Ce sont encore une fois les clubs les plus riches de Suisse qui se profilent comme favoris. «C’est d’ailleurs le cas dans tous les championnats en Europe, relève Edmond Isoz. Car ce sont eux qui offrent les meilleurs salaires et qui peuvent donc disposer des meilleurs joueurs.»

Les clubs romands nous semblent particulièrement fragilisés sur le plan financier, cette saison. Avec Canal Plus qui songe à lâcher (partiellement) Servette. Waldemar Kita qui s’est retiré du Lausanne-Sports (budget: 6 millions). Neuchâtel-Xamax qui, avec 3,4 millions de francs, dispose du plus petit budget de la LNA. Et Sion (4,4 millions) qui a perdu Stambouli, son entraîneur miracle.

«C’est une tendance qui s’est fait sentir il y a déjà trois ans, précise M. Isoz. Elle est le reflet d’une situation dans laquelle la Romandie ne représente que 20% de l’économie en Suisse.»

D’après le potentiel économique romand, le directeur de la LN déduit qu’il ne devrait y avoir que 2 ou 3 clubs romands en LNA. Or, on en a compté jusqu’à cinq, la saison passée.

Corollaire: les clubs romands ont dû faire appel à des investisseurs étrangers. Ce qui n’a pas forcément été le cas dans les clubs alémaniques.

Cela dit en passant, le nouveau sélectionneur national, Köbi Kuhn, s’est prononcé pour une diminution du nombre de clubs en LNA. Car, pour lui, trop de footballeurs n’en ont pas vraiment le niveau.

«Quand je jouais au football en LNA dans les années 60, raconte Edmond Isoz, Bienne, Granges et La Chaux-de-Fonds évoluaient dans l’élite, parce que l’industrie horlogère était florissante et qu’elle pouvait bien rétribuer les joueurs.»

Or, quand l’horlogerie suisse s’est effondrée, au début des années 70, il n’a pas fallu plus de trois ans pour que les trois clubs précités ne disparaissent de la LNA.

«Selon moi, poursuit M. Isoz, ces investisseurs étrangers se rendent compte aujourd’hui qu’ils se sont en partie trompés dans leur évaluation de la valeur du football suisse. C’est pourquoi, les clubs romands sont contraints d’assainir leurs finances.»

Cela dit, une des conséquences positives de cette situation financière alarmante, c’est que les clubs romands sont dorénavant obligés de miser davantage sur la formation et, par là-même, sur une plus rapide introduction des meilleurs juniors en 1ère équipe.

Reste que c’est Nunez, un joueur uruguayen – fruit d’un retentissant transfert de près de 5 millions de francs – qui s’est révélé déterminant dans le dernier tour final. C’est lui qui, par ses dribbles dévastateurs, ses déviations millimétrées et ses buts à la brésilienne, a mené Grasshopper au titre national, cette saison.



Emmanuel Manzi

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