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Recalé par le CIO, l’avenir d’Adolf Ogi reste onusien

Dépité par le CIO, Adolf Ogi ne devrait pas être remis en cause à l'ONU. Keystone

Adolf Ogi s'est montré très dépité lundi, suite à sa non-élection au Comité international olympique (CIO). Son horizon olympique semble définitivement bouché. En revanche, son poste à l'ONU ne devrait pas être remis en cause par cet échec.

Cette non-élection au CIO est une surprise et une véritable gifle pour l’ancien président de la Confédération. En effet, il est rarissime qu’un candidat soutenu par le comité exécutif du CIO soit recalé.

Horizon olympique bouché

Ancien président du comité pour l’organisation des Jeux olympiques à Sion en 2006, Adolf Ogi avait déjà vécu une cruelle désillusion avec la désignation de Turin. Cette nouvelle déconvenue semble donc boucher un peu plus encore son avenir olympique.

En revanche, son poste de conseiller spécial pour le sport au service du développement et de la paix auprès de l’ONU ne semble pas menacé. C’est en tout cas l’avis de Jean-Louis Chappelet, professeur à l’Institut des hautes études en administration publique de Lausanne et spécialiste du CIO.

Le nouveau président du CIO devrait continuer sur la voie d’un rapprochement entre mouvement olympique et les structures onusiennes, analyse le professeur. Du coup, le poste d’Adolf Ogi garde toute son importance.

De plus, en tant que conseiller spécial, Adolf Ogi est plus particulièrement attaché à la personne de Kofi Annan. Du coup, tant que le secrétaire général de l’ONU restera à son poste, la capacité d’action d’Adolf Ogi ne devrait pas être remise en cause.

Trop de Suisses

Adolf Ogi s’est pour sa part montré très dépité de son échec au CIO. N’étant pas à Moscou, il déclare qu’il est assez difficile pour lui de faire une appréciation de la situation, mais il estime cependant que cet échec n’est pas à mettre sur le compte de sa personnalité.

Le problème principal tient peut-être au fait que la Suisse compte déjà cinq représentants au niveau du CIO. Deux y siègent en effet à titre personnel et trois autres y représentent des fédérations sportives internationales.

Présent en revanche à Moscou, Jean-Louis Chappelet partage cette analyse. «Les membres du CIO ont considéré que l’élection d’un sixième Suisse n’était pas possible, déclare-t-il. La Suisse compte déjà cinq membres, comme l’Italie, qui est tout de même plus grande et plus peuplée. Une situation déséquilibrée lorsque l’on sait que la Chine ou les USA ne comptent que trois représentants…»

Manque de fair-play

Adolf Ogi, se demande également si ces cinq membres helvétiques ont tout fait pour soutenir sa candidature. L’ancien ministre suisse des Sports a été quelque peu «surpris» par certains échos en provenance de Moscou, selon lesquels certains représentants helvétiques ont déclaré douter de ses compétences pour ce poste.

Adolf Ogi se déclare donc «très déçu» par sa défaite, vu qu’il estimait remplir toutes les conditions requises. Il s’étonne par ailleurs que son long engagement en faveur du CIO ait été si vite oublié.

«Je me suis engagé depuis 1964 pour le CIO, d’abord en qualité de directeur de la Fédération suisse de ski, rappelle-t-il. J’ai aussi milité en tant que conseiller national pour que les membres du CIO reçoivent le statut de diplomates».

«J’ai aussi toujours été à la disposition du CIO en tant que conseiller fédéral et président de la Confédération, poursuit-il. La presse m’a même reproché d’en faire trop. Or, je dois constater qu’on a plus ou moins oublié tout ça aujourd’hui».

Adolf Ogi ne demande certes pas d’être récompensé pour les services rendus, mais au moins qu’on le traite avec fair-play.

Olivier Pauchard

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