Une première tête tombe chez Sulzer Orthopedics
Le nombre des victimes des prothèses médicales défectueuses de Sulzer Medica ne cesse d'augmenter. Le groupe de Winterthur a, enfin, décidé de prendre des sanctions. Il a limogé jeudi Gary Sabins, le président de Sulzer Orthopedics, sa filiale américaine. D'autres têtes pourraient encore tomber.
Il s’agit d’un revirement pour le groupe de Winterthur. En mai dernier, en effet, Sulzer Medica avait renouvelé sa confiance à Sulzer Orthopedics, pourtant fabricant des hanches et des genoux artificiels dans son usine du Texas. «Nous disposons d’une équipe très dévouée à Austin», avait alors déclaré Henner Alms à swissinfo.
Sulzer sanctionne ainsi sa filiale américaine pour le désastre médical, l’imbroglio juridique et l’embarras médiatique provoqués par des résidus de lubrifiant sur des prothèses de hanche et des plaques de fixation au tibia, longtemps recommandés comme les meilleurs produits du marché par les chirurgiens américains.
Ces sanctions pourraient apporter de l’eau au moulin des avocats des victimes. Qui n’ont cessé d’affirmer que l’usine d’Austin avait fait preuve d’incompétence ou de négligence dans ses processus de fabrication.
Les victimes redoutent aussi que le groupe suisse ne soit engagé dans une stratégie qui vise à diluer ses responsabilités. La séparation de la société holding de Sulzer avec Sulzer Medica, prévue pour le 10 juillet, n’est pas la seule source d’inquiétude pour les victimes.
«Ma véritable inquiétude est de voir Sulzer Medica se séparer de sa filiale américaine, pour échapper à ses responsabilités», confiait récemment à swissinfo l’avocat David Riggs, qui s’occupe de plusieurs plaintes à Tulsa, dans l’Etat d’Oklahoma.
Parallèlement, le nombre des patients ayant dû subir une nouvelle opération pour remplacer leur hanche artificielle ne cesse d’augmenter. Selon Sulzer, 2100 réopérations ont en effet déjà été effectuées, rien qu’aux Etats-Unis, soit 200 de plus qu’il y a quinze jours.
Pis, l’affaire est loin d’être classée. Le porte-parole du groupe reconnaît qu’il n’est pas encore possible de dire quand un bilan définitif pourra enfin être tiré.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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