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Un tiers des entreprises suisses victimes d’espionnage

La Suisse compte de nombreuses industries hautement spécialisées. © Keystone / Christian Beutler

La Suisse est attrayante pour les espions avec ses importants instituts de recherche, ses organisations internationales et ses entreprises hautement spécialisées. Pour la première fois, une étude montre l’ampleur de l’espionnage industriel sur le territoire helvétique.

Ce contenu a été publié le 04 février 2020 - 17:00

Exemple typique d’espionnage industriel: un individu contacte un employé d’une entreprise suisse via les réseaux sociaux afin de le questionner sur les méthodes de production. Peu après, des produits similaires mais moins chers apparaissent sur le marché. La société suisse rencontre de plus en plus de difficultés avec ses ventes et son existence est mise en péril.

De tels exemples sont nombreux. L’espionnage industriel a fortement augmenté ces dernières années, même s’il est dur d'avancer des chiffres étant donné que les entreprises concernées ne se rendent souvent pas compte qu’elles ont été prises pour cible. Certaines renoncent également à annoncer l'intrusion aux autorités afin de protéger leur réputation.

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Un tiers des entreprises est concerné

Afin d'améliorer la prévention, le Service de renseignementLien externe de la Confédération a mandaté l’institutLien externe de droit pénal et de criminologie de l’Université de Berne pour enquêter sur ces cas d’espionnage industriel. L’étudeLien externe révèle qu’un tiers des entreprises interrogées, actives dans des secteurs à risque, ont été au moins une fois victime d’espionnage. L’existence de 11% d’entre elles a été mise en danger. Ces résultats correspondent à ceux d’une étude allemande, qui relevait qu’une PME sur trois avait été la cible d’espionnage.

«L’information importante à tirer de cette étude est que la Suisse est concernée, et même dans une large mesure», constate Irene Marti, de l’institut de droit pénal et de criminologie. Les espions s’attaquent aussi bien aux PME qu’aux grandes entreprises internationales. Les secteurs les plus touchés sont l’industrie des machines, la pharma et les sciences de la vie, mais également la construction, l’informatique, les télécommunications, l’édition, la technologie aérospatiale et l’armement.

Source difficilement identifiable

D’après Irene Marti, il est dans la plupart des cas difficile d’identifier l’origine de l’espionnage, surtout quand les compagnies sont la cible d’une cyberattaque: «Selon les déclarations des entreprises, les cas découverts impliquaient souvent des employés ou des ex-employés, parfois en collaboration avec un concurrent.» Dans 10% des situations, le mandataire était un concurrent étranger. La plupart des espions opèrent depuis la Suisse, l’Allemagne, la Chine ou l’Italie.

L’espionnage industriel constitue une menace sérieuse pour la Suisse, estime Irene Marti, surtout en matière de développement futur: «Les possibilités numériques se diversifient de plus en plus et les données industrielles ainsi que la communication d’entreprise ont tendance à se digitaliser, ce qui facilite techniquement l’espionnage et étend son champ d'action.»

Le Service de renseignement de la Confédération prend aussi la menace au sérieux et a mis en place en 2004 un programmeLien externe de prévention et de sensibilisation. 

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«Grâce à cette étude, nous disposons pour la première fois de chiffres concrets et de données fiables sur l’ampleur des cas, les dommages et les secteurs touchés», affirme Lea Rappo, du Service de renseignement. Les résultats permettent à la Confédération de mieux adapter son programme de prévention aux besoins des entreprises et ainsi de protéger plus efficacement la place financière suisse et la recherche.

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