Genève: le procureur général adoucit sa politique liée à la LEtr
(Keystone-ATS) Le procureur général de Genève Olivier Jornot adoucit l’application qu’il fait de la loi sur les étrangers (LEtr). Désormais, les personnes en situation irrégulière qui n’ont jamais commis d’autres infractions que celle à la LEtr ne seront plus privées de liberté, comme c’était le cas jusqu’à présent.
Le nombre de personnes concernées par ce changement est extrêmement faible, a souligné Olivier Jornot dans une interview à la «Tribune de Genève». En moyenne, une vingtaine de personnes par mois étaient condamnées pour infraction à la LEtr uniquement. Fin juillet, il n’y avait que huit détenus sur 888 à être dans ce cas.
Mesure marginale
Pour M. Jornot, cet assouplissement est incontestablement un geste symboliquement important, mais il demeure marginal du point de vue de la politique criminelle. «Cette modification ne va pas à elle seule sauver Champ-Dollon», la prison genevoise qui est confrontée à un grave problème de surpeuplement.
Dès la semaine prochaine, seront privées de liberté uniquement des personnes qui commettent, simultanément à l’infraction à la LEtr, une autre infraction, ou qui ont des antécédents pour d’autres infractions que celle à la LEtr, a précisé M. Jornot. Cette politique concernant la LEtr avait été mise en place en 2012.
Son but à l’époque était de lutter contre les agressions et les vols commis sur le domaine public par des délinquants multirécidivistes sans papiers. La mesure a permis, selon M. Jornot, » de décupler l’efficacité de l’intervention policière» et de «retirer» de la circulation les fauteurs de troubles, venus pour l’essentiel d’Afrique du Nord.
Objectifs atteints
Pour le procureur général, «cette politique a atteint ses objectifs» en ce qui concerne la lutte contre les délinquants multirécidivistes. Aujourd’hui, un grand nombre d’entre eux se trouvent à Champ-Dollon. «D’autres sont allés voir ailleurs», notamment du côté de Lausanne, d’après les informations du magistrat.
M. Jornot a aussi insisté sur la nécessité de créer 450 nouvelles places d’exécution de peine. «Notre canton en a besoin, car l’augmentation du nombre de détenus est exclusivement liée à l’exécution des peines depuis 2012».Selon le patron du Ministère public genevois, «ils sont 472 dans ce cas aujourd’hui à Champ-Dollon».