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John Brennan admet qu’il faut mieux informer sur les drones

(Keystone-ATS) John Brennan, l’architecte de la campagne des drones contre al-Qaïda, a ardemment défendu le recours à l’utilisation de ces aéronefs lors d’une audition au Sénat dans le cadre de sa nomination à la tête de la CIA. Il a cependant reconnu le besoin d’être aussi «ouvert que possible» sur ces programmes secrets.

Si sa confirmation comme directeur de l’agence de renseignement est attendue, beaucoup voyaient cette audition comme l’occasion de forcer l’administration à rendre des comptes sur une guerre secrète qui lui fournit le pouvoir de tuer, y compris des citoyens américains à l’étranger, sans en référer à quiconque.

«Criminel de guerre»

Des opposants n’ont pas raté l’occasion de perturber et brièvement interrompre l’audition devant la Commission du renseignement du Sénat. «C’est un criminel de guerre, il ne devrait pas être confirmé», a dénoncé une femme dans le public avant d’être prestement évacuée.

Imperturbable, M. Brennan a dit comprendre les «désaccords» avec le programme d’éliminations ciblées par les drones. Cette opposition est «saine et est une composante nécessaire de la vie démocratique», a-t-il fait valoir.

De son bureau à la Maison Blanche où il a dirigé pendant quatre ans la lutte antiterroriste, John Brennan, 57 ans, dont 25 à la CIA, a orchestré et supervisé les frappes de drones, qui se sont largement intensifiées sous la présidence Obama.

M. Brennan a ainsi coordonné une «liste de personnes à abattre» appartenant à al-Qaïda et supervisé les frappes de drones au Pakistan, en Somalie ou encore au Yémen, où a été éliminé en septembre 2011 l’imam radical de nationalité américaine Anwar al-Aulaqi.

Dernier recours

«Nous ne recourons à de telles actions qu’en dernier recours pour sauver des vies là où il n’y a pas d’autre alternative pour réduire cette menace», a-t-il expliqué aux sénateurs. «Je n’ai jamais cru qu’il vaut mieux tuer un terroriste que le capturer».

La CIA doit publiquement plaider pour la nécessité de ce programme, a-t-il ajouté, précisant vouloir davantage de transparence. Quelques heures avant l’audition, la Maison Blanche avait transmis aux sénateurs les documents secrets justifiant la légalité des frappes.

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