L’homme qui avait volé des données à Julius Bär accusé en Suisse
(Keystone-ATS) La justice suisse se penchera sur le sort de l’informaticien allemand qui a volé des données à la banque Julius Bär à Zurich pour les vendre au fisc allemand. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a déposé un acte d’accusation devant le Tribunal pénal fédéral.
Le prévenu, domicilié en Suisse, a reconnu les faits. Il a agi par le biais d’un intermédiaire à Berlin. L’affaire a éclaté il y a un an. Depuis, les demandes d’entraide judiciaire adressées aux autorités de poursuite pénale allemandes sont restées sans réponse, a indiqué vendredi le MPC.
Le spécialiste en informatique a été arrêté le 24 juillet 2012. Il fait l’objet, à sa propre demande, d’une exécution anticipée de sa peine depuis le 1er mars. La procédure à l’encontre de son épouse est classée alors que celle contre le complice allemand, un inspecteur du fisc à la retraite, se poursuit.
Quinze courriers
Entre début octobre et début décembre 2011, l’informaticien, collaborateur intérimaire de la banque, a recueilli des données de clients fortunés allemands et néerlandais dans différents systèmes internes. Il y a été incité par un intermédiaire allemand qu’il connaissait.
Le prévenu a envoyé un total de 15 courriers électroniques à son adresse électronique privée depuis son adresse professionnelle. Les pièces jointes compressées contenaient des noms de clients, leurs adresses, des numéros de compte, la date d’ouverture des comptes ainsi que les montants et les monnaies.
Complice à Berlin
Par la suite, l’informaticien a trié les clients allemands détenant plus de 100’000 euros, francs suisses, livres sterling ou dollars US. En décembre 2011, il a fait parvenir un échantillon de données à son complice à Berlin, qui lui a indiqué que ces données avaient de la valeur.
Les deux hommes se sont rencontrés en février 2012 à Berlin. L’informaticien a remis à son intermédiaire un support avec quelque 2700 jeux de données pour qu’il les transmette à une autorité fiscale allemande.
Gros lot en Allemagne
Selon ses propres dires, le prévenu avait convenu avec son complice d’un montant de 1,1 million d’euros pour la collecte et la remise de ces informations. En mars 2012, il a reçu 200’000 euros en espèces à Berlin. Le montant restant devait servir à régler de manière anonyme ses dettes fiscales en Allemagne.