Le pétrole repart en hausse, le gaz temporise
Les prix des hydrocarbures divergeaient jeudi matin, au sixième jour du conflit au Moyen-Orient, alors que dans le détroit d'Ormuz le trafic maritime est toujours paralysé.
(Keystone-ATS) Vers 08h10, le prix du gaz naturel TTF néerlandais, qui fait référence en Europe, reculait de 8,3% à 49,76 euros le mégawattheure. Sur une semaine, il a cependant enregistré une envolé de plus de 60%.
Quant au pétrole, le Brent de la mer du Nord progressait de 2,65% à 83,57 dollars le baril, après avoir marqué un léger repli la veille. Le WTI américain montait quant à lui de 2,89% à 76,83 dollars. Sur une semaine, les deux types d’or noir ont vu leurs cours bondir d’environ 19%.
Les Gardiens de la Révolution, force chargée des opérations extérieures iraniennes, ont revendiqué mercredi le contrôle «total» du passage d’Ormuz, par lequel transitent habituellement 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Dans ce contexte de tension extrême, un pétrolier ancré au large du Koweït a subi une «forte explosion», a indiqué jeudi l’agence de sécurité maritime britannique UKTMO.
«La détente observée sur les prix du pétrole, après plusieurs séances de forte hausse, a également contribué à apaiser les craintes liées à un choc énergétique. Les déclarations du secrétaire au Trésor Scott Bessent évoquant des mesures pour sécuriser les flux pétroliers dans le Golfe ont également soutenu le sentiment de marché», a précisé John Plassard.
Selon le responsable des placements de la banque Cité Gestion, «les raffineurs disposent encore d’environ deux semaines de stocks, ce qui leur offre un coussin temporaire face aux perturbations. Mais si le blocage logistique devait se prolonger au-delà de quelques semaines, le choc énergétique pourrait rapidement se transformer en véritable choc industriel pour plusieurs économies asiatiques».
«Les efforts de calmer les tensions du marché – notamment par la prise en charge de la prime d’assurance des navires et l’annonce d’escortes navales – ont pour l’heure échoué à calmer les investisseurs, qui surveillent de près tout signe d’un conflit prolongé», ont averti les analystes de la plateforme Trading Economics.