Le procès de Christian Varone en Turquie reporté au 19 mars
(Keystone-ATS) Le procès de Christian Varone en Turquie a été reporté à la demande du procureur qui souhaite présenter sa dernière plaidoirie par écrit. La date du 19 mars a été décidée par les juges du tribunal d’Antalya qui doivent juger le commandant de la police valaisanne.
Le procureur a demandé un report au 5 mars, mais l’avocate turque de Christian Varone a déjà une autre audience à cette date. Les juges ont fixé au 19 mars la date de cette prochaine audience, a indiqué à l’ats l’avocat valaisan de M. Varone, Philippe Loretan.
«Il y a de la déception à ce que ce ne soit pas tranché, mais c’est la justice turque qui décide du rythme», a déclaré à l’ats Christian Varone.
Jeudi, les avocats du candidat au Conseil d’Etat valaisan ont fait objection à un troisième rapport, défavorable à l’inculpé, sur la valeur de la pierre retrouvée dans les bagages de M. Varone en juillet dernier. Ils ont demandé la nomination d’au moins un expert de l’université d’Ankara.
Rapport contesté
La requête a été rejetée, a dit M. Loretan. Les juges ont souligné avoir suffisamment d’éléments pour pouvoir trancher. L’analyse scientifique précise en cinq lignes que «la forme du morceau de marbre, sa facture et l’ornement partiellement visible rappellent le coin supérieur d’une colonne corinthienne de l’époque romaine».
M. Varone risque jusqu’à 12 ans de prison, mais plusieurs cas de figure peuvent se présenter.
Plusieurs options
Philippe Loretan évoque une condamnation ferme, une condamnation avec sursis, un acquittement ou, inconnu du droit suisse, l’ajournement du prononcé du jugement.
Dans ce quatrième cas, le verdict n’a pas d’effet sur l’inculpé, ne figurerait pas au casier judiciaire et resterait dans un registre interne destiné à la seule justice turque. Il pourrait être activé en cas de récidive dans les cinq ans, dit M. Loretan.
Nouvelle polémique
Le commandant de la police cantonale valaisanne avait été arrêté par la police turque le 27 juillet dernier à l’aéroport d’Antalya avec, sans ses bagages, une pierre considérée comme un vestige archéologique.
Une nouvelle polémique visant Christian Varone a vu le jour. Il aurait heurté un candélabre avec une voiture de fonction en décembre 2010 et n’aurait pas informé sa hiérarchie.
Christian Varone ne nie pas l’accident. Il précise qu’il roulait à environ 10 km/h, qu’il en a informé la conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten par écrit et que tout a été fait dans le cadre légal et réglementaire. Il qualifie les affirmations de diffamatoires et souhaite agir pénalement contre leurs auteurs.