Les changements structurels en plaine menacent les alpages suisses
(Keystone-ATS) L’estivage ne sera à l’avenir peut-être plus qu’un souvenir. Cette coutume de faire passer le bétail l’été à la montagne est aujourd’hui encore pratiquée par plus de 40% des exploitations agricoles suisses. Mais selon une étude, un éleveur sur deux aimerait y renoncer.
Ceux-ci voudraient augmenter la taille de leur exploitation en plaine afin de disposer de suffisamment de fourrage pour ne plus avoir besoin de l’herbe des alpages, selon un communiqué publié mardi par l’Institut fédéral de recherches WSL. Celui-ci se base sur des enquêtes menées auprès de 686 exploitations d’alpage ainsi que 856 exploitations de base qui pratiquent l’estivage et 314 qui ne le pratiquent pas.
Outre des pertes économiques pour les exploitations d’alpage, une diminution de la pratique de l’estivage signifie également un impact négatif sur l’entretien des terres, souligne l’institut de recherches. Non utilisés, de plus en plus de pâturages d’estivage se transforment progressivement en forêt.
Ce processus est d’ailleurs déjà en cours puisque le troisième inventaire forestier suisse montre que la surface forestière dans les Alpes a augmenté de 14,8% depuis 1983. La croissance a surtout été forte au-dessus de 1800 mètres d’altitude, soit là où se trouvent de nombreux alpages.
Contributions fédérales
Les enquêtes menées auprès des éleveurs montrent également que les contributions d’estivage versées par la Confédération sont essentielles pour bon nombre d’exploitations. Celles-ci décident ou non de poursuivre la pratique en fonction des montants qu’elles perçoivent.
Pour maintenir l’estivage, les chercheurs proposent notamment d’indexer le montant des contributions à l’évolution des surfaces de production de fourrage à l’échelle nationale. De plus, les enquêtes ont révélé l’importance qu’accordent de nombreux éleveurs à cette tradition. Le fromage d’alpage reste en outre apprécié.