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Municipales en France: la gauche conserve Paris et Marseille

Keystone-SDA

La gauche a conservé dimanche les deux plus grandes villes de France lors des élections municipales, avec notamment une victoire de prestige à Paris. Le scrutin, attendu à un an de la présidentielle, a vu l'extrême droite s'imposer dans plusieurs villes moyennes.

(Keystone-ATS) Large vainqueur à l’issue d’un second tour annoncé comme incertain dans la capitale, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire (48 ans), ancien premier adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo, a marqué sa victoire en rejoignant, tout sourire, l’Hôtel de Ville à bord d’un vélo en libre-service.

En le choisissant pour mener le cinquième mandat socialiste dans la capitale depuis 2001, «Paris a décidé de rester fidèle à son histoire», a-t-il lancé après sa victoire annoncée avec 50% à 53% des voix.

Sa rivale, l’ancienne ministre de droite Rachida Dati n’a rassemblé qu’entre 37% et 40%, malgré le ralliement du candidat de centre-droit et le désistement de la candidate d’extrême droite. La candidate de gauche radicale Sophia Chikirou obtient, elle, autour de 9%.

«La bataille de France sera violente»

Le nouveau maire de la capitale française a fait de sa victoire un symbole à un an de la présidentielle, pour laquelle l’extrême droite est annoncée large favorite du premier tour.

«La bataille de France sera violente», a-t-il prédit, en affirmant que «Paris sera le coeur de la résistance» à l’union de la droite et de l’extrême droite.

A Marseille (sud-est), le maire sortant de gauche Benoît Payan, qui s’était posé en rempart face au parti d’extrême droite RN arrivé «aux portes de la ville» lors du premier tour, l’a également largement emporté.

Après le coude-à-coude du premier tour (36,7% contre 35%), il est crédité de 53% à 56,2% des voix, contre 39,1% à 41,5% à son principal concurrent d’extrême droite Franck Allisio.

La gauche a également conservé Lyon (centre-est), où le maire écologiste Grégory Doucet est donné réélu face à l’ancien patron du club de football de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, longtemps favori des sondages. Ce dernier a dénoncé des «irrégularités» et a annoncé déposer un recours.

L’extrême droite progresse

A peine réélu dans sa ville du Havre (ouest), l’ancien premier ministre français Edouard Philippe, candidat déjà déclaré pour la présidentielle de 2027, s’est, lui aussi, immédiatement projeté dans la course des 13 prochains mois.

«Il y a des raisons d’espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu’ils écartent les extrêmes et leur facilité», a-t-il déclaré devant ses partisans.

Premier parti de France, le Rassemblement national a ajouté de nombreuses victoires, après les 24 revendiquées au premier tour. Sa cheffe de file Marine Le Pen a affirmé que le parti l’a emporté dans des «dizaines» de communes, dont Carcassonne (sud-ouest), Menton et Cannes (sud-est). Le RN a échoué en revanche à rafler Toulon (sud-est) et Nîmes (sud).

«Jamais le RN et ses alliés n’ont compté autant d’élus sur le territoire français. Dans plusieurs dizaines de communes. Nous sommes appelés à faire nos preuves […] Ces succès ne sont pas un aboutissement, mais un commencement», a déclaré Jordan Bardella, le président du RN, annoncé en tête dans les sondages pour le premier tour de l’élection présidentielle en 2027.

Un de ses alliés, le transfuge de la droite Eric Ciotti, l’a emporté à Nice (sud-est), cinquième ville de France (360’000 habitants).

Participation historiquement basse

A gauche, les résultats des alliances controversées entre socialistes et écologistes avec la gauche radicale continueront de faire débat. Ces alliances locales – alors que le chef du parti socialiste avait exclu tout «accord national» – n’ont pas été payantes, comme à Toulouse (sud-ouest), quatrième ville de France, où le ralliement des listes socialistes au candidat de La France Insoumise (LFI, gauche radicale) a échoué.

La droite traditionnelle a tiré son épingle du jeu de ces échecs. Outre Toulouse, des villes socialistes de longue date sont tombées dans son escarcelle, comme Clermont-Ferrand (centre) ou Tulle (centre), ville de l’ancien président François Hollande.

Autre ancien premier ministre, le centriste François Bayrou, a été battu à Pau (sud-ouest), qu’il dirigeait depuis 2014.

Ce scrutin traditionnellement mobilisateur est marqué par une participation historiquement basse, hors celui de 2020 tenu en plein Covid-19. Elle s’affiche à environ 57%, selon les institutions de sondage.

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