Pas de vainqueur après le 1er débat de campagne en Grande-Bretagne
(Keystone-ATS) Aucun candidat n’a tiré son épingle du jeu du grand débat télévisé qui opposait jeudi soir les dirigeants des sept partis engagés dans la campagne des législatives britanniques du 7 mai. Trois sondages effectués après l’émission ont donné quatre vainqueurs différents.
Selon l’un ces sondages express, c’est la dirigeante du Parti national écossais (SNP) Nicola Sturgeon qui s’est le mieux sortie de ce débat diffusé par ITV. Mais d’après une autre enquête, Ed Miliband l’a emporté d’une courte tête, tandis qu’un troisième sondage donne ex-aequo Miliband, Cameron et le chef de file du parti anti-européen et anti-immigrés UKIP Nigel Farage.
Ces résultats reflètent l’incertitude qui prévaut à moins de six semaines d’un scrutin très indécis.
Au cours de ces joutes verbales organisées dans une ancienne fabrique du nord de l’Angleterre, chaque participant avait 60 secondes pour répondre à une question du public sur des thèmes relatifs à l’économie, le système de santé ou encore l’immigration. Les échanges sont restés globalement policés.
David Cameron, pour qui il s’agissait de l’unique débat auquel il a consenti à participer, s’est retrouvé seul contre tous, accusé d’avoir creusé les inégalités au sein du Royaume-Uni avec sa politique d’austérité. Dans l’un des moments les plus animés du débat, il a désigné un par un ses adversaires en les accusant de vouloir tous imposer au pays davantage de dette et d’impôts.
Economie et patriotisme
Nigel Farage a affirmé que ses six co-débatteurs étaient «tous semblables», se présentant comme le seul à incarner un véritable changement sur le thème du «patriotisme». Mais le chef du parti europhobe Ukip a suscité de vives protestations quand il s’est plaint du nombre d’étrangers qui chercheraient à se soigner contre le sida en Grande-Bretagne.
Nick Clegg a semblé mettre en difficulté Ed Miliband en le sommant de présenter ses excuses au nom du Labour pour avoir «détruit l’économie» entre 1997 et 2010. Le dirigeant travailliste s’est ensuite repris en martelant qu’il comptait «récompenser le dur labeur de tous dans ce pays, et pas seulement de ceux qui touchent des bonus à six chiffres».
Outre Cameron, Miliband, Sturgeon et Farage, les dirigeants du parti libéral-démocrate (Nick Clegg), du Parti vert (Natalie Bennett) et du parti nationaliste gallois (Leanne Wood) étaient présents.