Pesticides nocifs aux abeilles: l’UE temporise
(Keystone-ATS) Les Etats membres de l’Union européenne ne sont pas parvenus à s’accorder sur une interdiction de trois pesticides liés au déclin des abeilles, a fait savoir la Commission européenne. Le groupe pharmaceutique bâlois Syngenta s’est félicité de ce «rejet».
La Commission européenne a expliqué dans un communiqué que le vote organisé au sein d’un comité d’experts «n’a pas permis de dégager une majorité qualifiée en faveur ou contre sa proposition».
La Commission a indiqué qu’elle maintenait sa proposition, car elle n’a pas été rejetée. Elle lui a apporté quelques modifications pour tenir compte de plusieurs demandes.
Elle propose de suspendre pendant deux ans l’utilisation de trois néonicotinoïdes présents dans des pesticides pour quatre types de cultures: maïs, colza, tournesol et coton. La Commission s’est fondée sur un avis très négatif rendu par l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA).
Les trois néonicotinoïdes incriminés – clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame – sont présents dans des pesticides produits par Syngenta ou le groupe allemand Bayer, notamment le Cruiser OSR.
Satisfaction de Syngenta
Dans un communiqué, Syngenta s’est dit «heureux que les Etats membres de l’UE aient rejeté la proposition de la Commission européenne par trop politique. Restreindre l’utilisation de cette technologie de protection des cultures tout à fait vitale n’améliorera en rien la santé des abeilles».
Le groupe bâlois dénonce «une analyse hâtive et hautement théorique» de l’EFSA. Selon lui, les pesticides «jouent un rôle négligeable» dans la disparition des abeilles, par rapport aux maladies, aux virus et aux pertes d’habitats.
Apiculteurs déçus
L’Union nationale des apiculteurs français (Unaf), principale organisation professionnelle, a fait part de «sa grande déception». Tout comme l’organisation Greenpeace France.