Procès en appel: Pierin Vincenz se tait sur sa situation actuelle
Au deuxième jour du procès en appel de l'ex-patron de la banque Raiffeisen et de ses coaccusés à Zurich, Pierin Vincenz a dit d'emblée mardi ne pas souhaiter s'exprimer sur sa situation personnelle. La Cour a rejeté la quasi-totalité des demandes de la défense.
(Keystone-ATS) Pierin Vincenz a justifié sa décision par l’énorme écho médiatique de l’affaire. «Je souhaite me protéger, moi-même et mon entourage», a-t-il déclaré mardi en milieu de matinée devant la Cour suprême zurichoise au début de son interrogatoire.
L’ex-banquier, âgé de 70 ans, a juste évoqué brièvement son lieu de résidence. Après avoir vendu sa villa à Niederteufen (AR), il s’est installé au Tessin, à Figino, près de Lugano. Il a qualifié sa situation actuelle de «quelque peu tendue, mais dans l’ensemble correcte».
Mêmes positions
Le Grison est accusé, avec son ex-associé Beat Stocker, de s’être enrichi illégalement en prenant des participations occultes dans des sociétés avant leur rachat par Raiffeisen ou Aduno. Le jugement en première instance portait aussi sur des notes de frais abusives.
Pierin Vincenz a maintenu sa version selon laquelle ses nombreuses visites dans des clubs de strip-tease étaient de nature professionnelle. Selon l’acte d’accusation, cela a donné lieu à des factures pour un montant total d’environ 200’000 francs.
Confronté à l’accusation de nombreux voyages privés indûment facturés sur la carte de crédit de la banque, pour un montant de plus de 100’000 francs, M. Vincenz a campé sur ses positions. Il a affirmé avoir honoré des rendez-vous professionnels lors de ces voyages.
Requêtes de la défense rejetées
Mardi, la Cour a rejeté la quasi-totalité des requêtes de la défense formulées la veille. Les avocats avaient demandé l’abandon des poursuites, invoquant la prescription de certains faits reprochés.
«Le tribunal n’a entendu aucun nouvel argument», a déclaré le président du tribunal. Il a souligné que toutes les objections soulevées par les avocats de la défense étaient déjà connues, qu’il s’agisse d’un prétendu caractère incomplet du dossier ou de la non-recevabilité des preuves.
Certaines questions préliminaires ne feront l’objet d’une décision que lorsque la Cour d’appel examinera le jugement. Le procès se poursuit donc comme prévu et doit durer jusqu’au 21 août. On ignore quand le jugement sera rendu.
En avril 2022, Pierin Vincenz a été condamné à trois ans et neuf mois de prison ferme, et son associé, Beat Stocker, ex-patron de la société d’émission de cartes de crédit Aduno, a écopé de 4 ans. Le duo avait été reconnu coupable d’escroquerie, de gestion déloyale qualifiée et de corruption privée passive. La présomption d’innocence s’applique toujours.