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Le PNUD rappelle au Sommet social que la pauvreté est aussi l’affaire des droits de l’homme

L´égalité des chances filles-garçons est également au menu du sommet de Genève, à l'ONU (archive) Keystone

Le rapport annuel du PNUD arrive un peu tard pour les délégués du Sommet social. Ceux-ci sont en train de négocier point par point de possibles moyens de lutte contre la pauvreté. Le premier justement ne serait-il pas de reconnaître les droits des gens?

Le rapport mondial sur le développement humain, publié chaque année par le Programme des Nations unies pour le développement, est sans aucun doute celui qui se lit le plus et sans doute aussi le mieux dans le monde onusien. Très peu politiquement correct, il fait en tout cas preuve de beaucoup d’indépendance critique et propose des choix audacieux à tous ceux et celles qui ont à prendre des décisions en matière de lutte contre la pauvreté.

Cette fois-ci, il met une vieille citation en exergue. Celle, signée en 1792 de l’anglaise Mary Wollstonecraft dans sa «Revendication des droits de la femme», pour qui «c’est la justice, et non la charité, qui fait défaut dans ce monde». Cette petite phrase, les associations qui défilaient dimanche dans les rues de Genève ou celles qui jetaient ostensiblement mercredi à la poubelle le rapport signé entre autres de Kofi Annan ne la renieront pas.

L’ancien premier ministre néerlandais, Ruud Lubbers, choisi par la Suisse pour présider le symposium de la société civile, ne pense guère autrement quand il dit que nous vivons dans un monde de succès économiques qui produit d’énormes richesses, mais que nous n’avons pas réussi à donner aux humains leur dignité: «Il nous faut refuser une société de marché, nous avons besoin d’une vraie société basée sur la vérité et sur la dignité.»

Comment expliquer, se demandent les experts du PNUD, que l’opinion publique se révolte lorsqu’un individu est torturé mais reste de marbre quand chaque jour trente mille enfants et plus meurent pour des raisons que l’on pourrait éradiquer? Réponse: parce que ces enfants sont les victimes invisibles de la pauvreté, et parce que les pauvres sont souvent privés de leurs droits les plus élémentaires.

Analysant les problèmes de justice que pose la mondialisation de l’économie, le rapport constate que les États accusent des déficits de motivation, de compétence et de participation: 1. Lorsqu’ils négocient des politiques mondiales, ils défendent d’abord leurs intérêts et non l’intérêt collectif. 2. Les mécanismes d’application des traités sur les droits de l’homme sont insuffisants, ils ne s’appliquent qu’aux pays, et non aux entreprises. 3. Les procédures de décisions, à l’OMC surtout, manquent de transparence et de participation, elles ne prennent en compte ni les «petits» ni la société civile.

Conclusion du rapport: il faut mettre les droits de l’homme en pratique si l’on veut donner aux pauvres les moyens de s’en sortir. Ces droits sont aussi mondiaux que les mouvements de capitaux et que les échanges commerciaux.

Bernard Weissbrodt

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