Sommaruga annonce une nouvelle plateforme internationale à Genève

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a relevé que la réponse à la crise pour l'emploi liée à la pandémie ne serait atteinte qu'avec la collaboration de tous les acteurs de la communauté internationale (archives). KEYSTONE/PETER SCHNEIDER sda-ats
Ce contenu a été publié le 08 juillet 2020 - 16:38
(ATS)

Une plateforme internationale va être lancée à Genève pour anticiper les effets des changements sociétaux, en plein Covid. La Suisse soutient cet effort, a dit mercredi Simonetta Sommaruga. Le chef de l'ONU appelle lui à "ne pas choisir" entre santé et emplois.

La nouvelle plateforme Thinking ahead on societal change (TASC) veut réunir l'expertise des gouvernements, des organisations internationales, du secteur privé, des associations et de la société civile. Elle permettra d'anticiper les changements de la société, a affirmé la présidente de la Confédération lors d'un sommet en ligne de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur le Covid et l'emploi auquel des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement ont participé.

Seule la collaboration "de toute la communauté internationale" permettra "d'affronter les conséquences de la pandémie", a-t-elle affirmé, alors que la crise a révélé "l'extrême vulnérabilité" de millions de travailleurs et d'entreprises. Elle a appelé à une société "plus durable" et "plus juste" en honorant les Objectifs de développement durable (ODD).

Pour l'emploi, la réponse à la crise doit être menée en considérant la Déclaration du centenaire de l'OIT sur l'avenir du travail, approuvée l'année dernière à Genève, dit Mme Sommaruga. Celle-ci engage les Etats à garantir une protection pour tous les travailleurs et à promouvoir une croissance économique durable, le plein emploi et des emplois décents pour tous.

Un appel relayé par la chancelière allemande Angela Merkel et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. "Il faut éviter que la crise du coronavirus ne débouche sur une autre crise encore", a affirmé la première, en appelant à accompagner les partenaires sociaux pour préserver le travail tout en garantissant la santé.

Centaines de millions d'emplois menacés

Parmi les conséquences de la pandémie sur l'emploi, les femmes et les jeunes ont été très affectés, a encore affirmé la présidente de la Confédération. Elle a aussi à nouveau salué le rôle de ceux qui ont été confrontés à d'importants défis pour répondre à l'épidémie, des soignants aux vendeuses en passant par les femmes surreprésentées dans les travaux domestiques.

"La Suisse n'a pas été épargnée" par les effets, a-t-elle insisté. Elle a défendu le filet de protection sociale et le dialogue social qui ont contribué à répondre à la situation économique.

Il y a une semaine, l'OIT avait revu à la hausse ses estimations sur les effets de la pandémie sur les emplois dans le monde. Elle anticipe une perte de 400 millions d'équivalents plein temps au deuxième trimestre. Sur l'ensemble de l'année, malgré un rebond durant la seconde partie, un retour à la situation avant la crise ne sera pas possible et le recul devrait atteindre entre 34 et 340 millions d'emplois, en fonction d'une seconde vague.

M. Guterres a affirmé que le coronavirus a "détruit" le monde du travail partout. La crise montre les vulnérabilités et les "inégalités grandissantes" contre lesquelles l'OIT met en garde "depuis longtemps", a-t-il insisté. Il ne faut "pas choisir" entre santé et emplois tant les deux sont liés, selon le secrétaire général de l'ONU.

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