Ukraine: le chef de l’Otan appelle à «ne pas perdre espoir»
(Keystone-ATS) Le chef de l’Otan Jens Stoltenberg a exhorté samedi l’Ukraine et ses alliés à «ne pas perdre espoir», au 2e anniversaire de l’invasion russe. Giorgia Meloni est elle arrivée à Kiev, où elle présidera une réunion virtuelle du G7 sur l’Ukraine.
«La situation sur le champ de bataille reste extrêmement difficile. L’objectif du président Poutine de dominer l’Ukraine n’a pas changé, rien n’indique qu’il se prépare à la paix. Mais nous ne devons pas perdre espoir», a déclaré le secrétaire général de l’Alliance dans un message enregistré.
«L’Ukraine a fait preuve à maintes reprises de capacités remarquables et de sa farouche détermination», a-t-il insisté dans cette vidéo diffusée sur le site de l’Otan.
Aide américaine bloquée
Le deuxième anniversaire du conflit survient alors que les troupes ukrainiennes, sous-équipées, luttent pour tenir la ligne de front, et que l’incertitude persiste sur le soutien des Etats-Unis, dont une nouvelle aide est bloquée au Congrès.
Jens Stoltenberg rappelle de son côté les récentes promesses d’aide militaire des pays de l’Otan, «d’une valeur de plusieurs milliards de dollars».
«Cela recouvre des capacités décisives, comme les munitions d’artillerie, la défense aérienne et les navires de combat, ainsi que les équipements et pièces de rechange des (avions) F-16, des drones et équipements de déminage. Davantage de soutien est en route», a-t-il détaillé.
Kiev «plus proche que jamais de l’Otan»
Moscou a engagé cette guerre dans l’objectif de «fermer pour l’Ukraine la porte de l’Otan en lui refusant le droit de choisir sa propre voie», a estimé Jens Stoltenberg. «Mais c’est exactement le contraire qui se produit: l’Ukraine est plus proche que jamais de l’Otan», a-t-il souligné.
Selon lui, l’Ukraine rejoindra l’Otan: «La question n’est pas ‘si’, mais ‘quand'». «Pendant que nous vous préparons à ce jour futur, l’Otan continuera à se tenir à vos côtés, pour la sécurité de l’Ukraine et la nôtre», a-t-il lancé.
La réunion du G7, actuellement présidé par l’Italie et à laquelle participera le président Volodymyr Zelensky, qui se tiendra dans l’après-midi, devrait discuter de nouvelles sanctions contre Moscou. Le premier ministre canadien Justin Trudeau, dont le pays est membre du G7, est aussi arrivé samedi à Kiev dans ce contexte.
«Les sanctions peuvent être durcies»
A l’issue de la réunion, une déclaration conjointe sur l’Ukraine devrait être adoptée, selon des sources diplomatiques italiennes. Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a confirmé mardi soir cette hypothèse: «Les sanctions peuvent être durcies», a-t-il déclaré. «La Russie ressent fortement le poids des sanctions économiques».
Le G7 avait décidé en juillet 2023 la signature de contrats bilatéraux de sécurité avec l’Ukraine. Après Londres, en janvier, Kiev a signé ce genre d’accord la semaine dernière avec l’Allemagne et la France, et 25 autres Etats se sont joints à cette initiative, comme la Pologne. L’Italie projette également d’en signer un.
Concrètement, ces accords de sécurité peuvent porter sur l’octroi d’équipements militaires, interopérables avec ceux de l’Otan, la formation des forces ukrainiennes et le renforcement de l’industrie de défense de l’Ukraine.
Von der Leyen aussi à Kiev
Aussi arrivée à Kiev samedi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué «l’extraordinaire résistance du peuple ukrainien».
«A Kiev pour marquer l’anniversaire de la deuxième année de la guerre de la Russie contre l’Ukraine», a déclaré la présidente de la Commission européenne sur les réseaux sociaux. «Plus que jamais, nous soutenons fermement l’Ukraine. Financièrement, économiquement, militairement, moralement. Jusqu’à ce que le pays soit enfin libre».
Kiev triomphera des «ténèbres» russes
L’Ukraine va triompher des «ténèbres» russes, a promis pour sa part le commandant en chef des armées ukrainiennes. «Je suis convaincu que notre victoire est dans l’unité. Et elle le sera sans aucun doute. Car la lumière l’emporte toujours sur les ténèbres!», a déclaré le général Oleksandre Syrsky sur Telegram.
Côté russe, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a rendu visite à ses troupes en Ukraine, a annoncé l’armée. «Aujourd’hui, en termes de rapport de forces, l’avantage est de notre côté», a déclaré le ministre aux soldats russes depuis un centre de commandement.
Le communiqué de l’armée précise que le ministre avait été informé que les forces russes étaient passées à l’offensive après s’être emparées de la ville d’Avdiïvka.