Carla Del Ponte maintient la pression
Encouragé par le transfert de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic à La Haye, le procureur Carla Del Ponte maintient la pression. La Suissesse était vendredi en Croatie. Et elle demande aux Bosniaques de livrer Radovan Karadzic et Ratko Mladic au Tribunal pénal international (TPI).
Le moins que l’on puisse dire c’est que Carla Del Ponte a de la suite dans les idées. Tous les accusés du TPI doivent être transférés à la prison de La Haye. La procureur l’a dit et redit, jeudi, à Mladen Ivanic, Premier ministre de la Republika Srpska, en visite au Tribunal pour l’ex-Yougoslavie.
A ses, yeux, l’entité serbe de Bosnie reste le dernier sanctuaire des présumés criminels de guerre recherchés. Celui de Radovan Karadzic, l’ancien dirigeant bosno-serbe, et du général Ratko Mladic, le chef de ses forces armées, entre autres.
Les deux dirigeants serbes de Bosnie sont accusés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre par le TPI pour leur rôle durant la guerre de Bosnie (1992-1995).
Pour sa part, Mladen Ivanic rejette les accusations: «On dit qu’une partie de notre armée et de notre police protègent ces gens. Cela reste à prouver». En fait, la Suissesse applique aux Serbes de Bosnie la même tactique que celle utilisée avec Belgrade pour obtenir le transfert de Milosevic.
Argument juridique d’abord : le gouvernement de Mladen Ivanic a adopté une loi en ce sens qui doit être présentée bientôt au Parlement. Mais la présence des nationalistes fait douter du résultat positif du vote.
Pour Carla Del Ponte, la loi est inutile. Elle rappelle que toutes les entités de Bosnie sont obligées de coopérer avec le Tribunal comme cela est indiqué dans les Accords de Dayton, qui ont mis fin à la guerre en Bosnie.
Par ailleurs, Carla Del Ponte prend l’opinion publique à témoin, et à travers elle, les pays qui peuvent accepter ou refuser d’aider financièrement une entité exsangue.
«A tous moments, les autorités de la Republika Srpska savent ou on les moyens de savoir où se trouvent nos fugitifs les plus recherchés». Et la procureur d’affirmer: «Cette situation inacceptable doit cesser. Je ne me satisferai pas de promesses creuses ou d’excuses.»
Mladen Ivanic a reconnu que la remise de Milosevic au TPI par Belgrade avait contribué à accentuer la pression pour que son propre gouvernement coopère avec le tribunal.
Jusqu’à présent, la Republika Sprska n’a arrêté aucun des 20 suspects inculpés par le TPI de La Haye, qui se trouveraient sur son territoire.
Alain Franco, La Haye
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