Avant le G7, l’appel d’ONG à protéger les droits des femmes
Plus de 260 organisations de la société civile de 62 pays appellent la France en amont du sommet du G7 à Evian en juin à "un positionnement très ferme" face aux "attaques multiformes" contre les droits des femmes.
(Keystone-ATS) Ces organisations sont réunies dans le mouvement «Women 7» (W7) fondé en 2017 lors du G7 en Italie et qui plaide pour l’égalité auprès des chefs d’Etat du groupe des sept pays les plus industrialisés.
«Les politiques récentes de certains Etats membres du G7 portent gravement atteinte à l’égalité de genre, aux droits humains, au multilatéralisme et aux principes démocratiques. L’objectif minimal est donc de ne pas laisser d’espace pour un recul au sein du G7», dit le W7 dans une déclaration consultée vendredi par l’AFP.
«Backlash» contre les droits des femmes
Déplorant un climat de «backlash» contre les droits des filles, femmes et communautés LGBTQIA+, elles somment d'»assumer le choix politique d’orienter des ressources financières publiques substantielles vers le soutien à ces associations, à un moment où ces financements sont au plus bas».
Selon une enquête mondiale menée par ONU Femmes et publiée en mai dernier, 90% des 411 organisations de femmes actives dans 44 pays touchés par des crises ont déclaré souffrir de la réduction de l’aide étrangère. Plus de 60% ont déjà réduit leurs activités.
La France a lancé un fonds de soutien aux organisations féministes issues des pays partenaires, doté de 120 millions d’euros sur 3 ans puis renouvelé en 2023 à hauteur de 250 millions d’euros sur 5 ans.
«Il a bénéficié à 1400 organisations féministes dans 75 pays en 5 ans, entre 2020 et 2024», salue auprès de l’AFP Michelle Perrot de Plan International France.
Mais la préoccupation aujourd’hui est «déjà que les financements vont bien être décaissés en 2026 et 2027 et surtout que ce fonds puisse être pérennisé et idéalement disséminé dans d’autres pays», dit-elle.
«Le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques», relève pour sa part Mathilde Henry de Care France, «il exacerbe les inégalités existantes et peut accroître les vulnérabilités, les violences et les obstacles à l’accès aux droits pour les femmes et les filles».
Genre et nutrition sont intrinsèquement liés, abonde Léa Cros d’Action contre la Faim (ACF), «parce qu’on sait que la prévalence de la malnutrition est souvent due au non-accès à la planification familiale, à la surcharge du travail domestique, au travail formel» et que «des violences basées sur le genre accentuent l’insécurité alimentaire».
Chaque augmentation de 1°C de la température mondiale est associée à une augmentation de 4,7% des violences conjugales, selon l’ONU.
Ce plaidoyer s’inscrit dans un contexte d’attaques: de Donald «Trump et d’autres contre les droits des femmes», qui «ont été la première étape d’un agenda beaucoup plus large qui menace vraiment tout l’épisode des démocraties», indique pour sa part Lucie Daniel d’Equipop.