Changements dans la continuité au Festival du film de Locarno
Avec 101 films, le Festival de Locarno, du 2 au 12 août, a dévoilé une programmation aussi copieuse que d'habitude, mercredi à Berne. Celle-ci s'inscrit dans l'esprit des dernières éditions. Mais avec une plus large ouverture sur ce qui tourne autour du 7e art.
Si Irene Bignardi, la nouvelle directrice du Festival de Locarno, n’a pas bouleversé le festival, elle l’a féminisé, avec sept femmes parmi les neuf membres du jury. Mais surtout, l’affiche de la 54e édition montre une jambe de femme portant une élégante chaussure à talon aiguille.
«Bien que Marco Muller, ex-directeur du Festival, et moi-même aimions le même type de cinéma», déclare Irene Bignardi, «la somme de mes choix provoque forcément une différence. Car mes goûts ne sont pas exactement les mêmes que ceux de mon prédécesseur. Chaque personne est unique».
La Piazza Grande orpheline de compétition
Plus concrètement, «j’ai voulu enrichir le Festival, en donnant plus d’espace à des appendices du cinéma. Par exemple, je songe aux rencontres qui seront organisées avec les écrivains. Car, pour moi, précise Irene Bignardi, la littérature est très importante dans le cinéma. On oublie trop souvent que derrière la majorité des films se cache un livre, un texte».
Pour la nouvelle directrice du Festival, la compétition ambitionne de «dénicher des routes inexplorées et de nouvelles expressions cinématographiques». Là aussi, la gente féminine est très présente, avec sept réalisatrices dans le concours.
Reste que la programmation de la Piazza Grande s’annonce plus grand public que précédemment. Toutefois, à l’inverse de ce qui se faisait ces dernières années, aucun film de la compétition ne sera projeté sur l’écran géant de la Piazza Grande.
Motif évoqué, mercredi à Berne: «le souci de donner les mêmes chances à chaque film en lice pour le Léopard d’or». Corollaire à cette option: «une géographie festivalière liant chaque lieu du festival à une section ou à une vocation».
L’esprit du Festival parfaitement respecté
Concernant le choix des films sélectionnés, Irene Bignardi souligne qu’elle et sa direction ont choisi les films les plus étranges et les plus originaux dans leur genre, afin de rester dans la tradition expérimentale propre au Festival de Locarno».
Or, tient à répéter Irene Bignardi, «le style Locarno» implique un festival simple d’approche et d’utilisation et un festival qui fait de la recherche et des découvertes».
Ainsi, la compétition propose 19 longs métrages, dont 15 premières mondiales. La majorité des ouvrages retenus sont européens. Parmi les 13 pays représentés dans ce concours, deux films défendent les chances suisses: «Happiness Is A Warm Gun» de Thomas Imbach et «Sheherazade» de Riccardo Signorell.
Mais, en définitive, la plus grande différence de cette 54e édition s’est faite d’elle-même. Les films choisis cette année portent en eux une forte dimension sociale et politique. Contrairement à l’an dernier, où les thèmes de la vie privée étaient beaucoup plus en vogue.
Emmanuel Manzi
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