Le Belluard toujours dans les chiffres rouges
La 19e édition du Belluard Bollwerk International a pris fin, samedi soir à Fribourg. La météo favorable et une riche programmation ont permis une hausse de la fréquentation, mais n'ont pas suffi à sortir le festival des chiffres rouges.
Les responsables se sont réjouis de l’écho favorable rencontré par la manifestation auprès du public durant ces huit jours de fête artistique. 250 personnes en moyenne ont assisté aux spectacles proposés par le festival.
La fréquentation a atteint 3.500 à 4.000 personnes, en hausse par rapport à l’édition 2000, qui avait accueilli 3.000 personnes. La précédente édition avait été, il est vrai, perturbée par le froid et la pluie. Le déficit prévu est d’environ 30.000 francs contre 5.000 francs, l’an dernier.
«Avec 350.000 francs, le budget est dérisoire pour une telle manifestation culturelle», a regretté le directeur, Olivier Suter. «Du fait de la précarité des finances, une partie de l’énergie créatrice est absorbée par l’intendance», a précisé Gérard Bourgarel, membre du comité de direction et secrétaire de Pro Fribourg.
Pas de bâtons dans les roues
Les organisateurs ont regretté le manque d’intérêt personnel des autorités fribourgeoises pour la manifestation. Tout en reconnaissant que ces dernières ne leur ont pas mis de bâtons dans les roues et qu’elles leur ont accordé toutes les autorisations sans difficulté.
«Aurait-on pu ailleurs rassembler 400 personnes nues devant l’Hôtel-de-Ville ou accrocher des chaises à des façades superbement restaurées?», s’est félicitée l’attachée de presse, Sara Nyikus.
La performance de Spencer Tunick est à la fois le spectacle qui a attiré le moins de spectateurs et celui qui a eu le plus grand retentissement, puisqu’on en a parlé jusqu’à Taïwan. En effet, il n’a attiré qu’une dizaine de spectateurs, y compris un chauffeur de bus, bien obligé de laisser passer l’équipée en petite tenue.
Sur les 400 participants à la performance collective, seuls 15 % étaient fribourgeois, la grande majorité venant d’outre-Sarine, et même d’Allemagne ou d’Italie.
Moins de risque artistique
«Resserrer le festival sur une semaine au lieu des quinze jours habituels s’est révélé une très bonne expérience», a dit M. Suter. Selon lui, l’accompagnement de projets très pointus est lourd humainement.
Petit bémol à cette appréciation: une des membres de la commission artistique, Gabrielle Gawrysiak, a regretté que la nécessité de remplir une semaine de manière quasi idéale ait conduit à prendre moins de risques au niveau de la programmation.
Créé en 1983, le BBI propose toute une palette d’expressions, allant du théâtre à la danse, en passant par les performances, la musique, la vidéo et le multimédia. Des créateurs, des groupes et des artistes de renom international se sont déjà produits au BBI.
swissinfo avec les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.