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Verdi illumine de sa musique le ciel d’Avenches

Au premier plan, Rico Saccani et le Sinfonietta de Lausanne. Au second plan, la cour du Duc de Mantoue. Jeudi soir à Avenches. swissinfo.ch

La première de Rigoletto a raisonné, jeudi soir, dans des arènes d'Avenches aux trois quarts remplies. Bien qu'emprunte d'un début timide, l'opéra de Verdi a su finir par tisser un magnifique hymne à l'amour, déchiré entre drame et passion.

Les deux plus beaux moments ne nous ont pas échappés. A la fin du deuxième acte, Gilda accroche une note si haut perchée qu’elle en tombe au pied de son père Rigoletto sur les grands escaliers blancs du palais du Duc.

D’ailleurs, n’en déplaise aux puristes, Alain Fondary (Rigoletto) et Andrea Ferreira (Gilda) se sont permis de reprendre, de suite, en bis, cet époustouflant passage de haute voltige.

Et quel bonheur de réentendre, après l’entracte, dès le début du troisième acte, cet air si connu «La donna è mobile». Incontestablement le tube de Giuseppe Verdi. Nous en avions alors pour nos yeux et nos oreilles.

Ainsi, le ciel n’aura pas pleuré. Pourtant, avant le début de la représentation, un nuage surplombant nos têtes avait bel et bien laissé échapper quelques gouttes de pluie.

C’est donc dans un crépuscule mitigé que l’opéra Rigoletto débuta de manière bien timide. Pourtant bien placés, nous n’entendions qu’à peine les premières notes des chanteurs. Problème d’acoustique dans ces vastes arènes? Les voix demandaient-elles à se chauffer davantage?

Sans compter que l’orchestre, le Sinfonietta de Lausanne, sonnait étonnamment feutré, en début de spectacle. Pour ne pas dire comme étrangement étouffé.

Mais au fur et à mesure que le jour déclinait, le spectre sonore était de mieux en mieux habité. Et la balance entre les solistes, le choeur d’hommes et l’orchestre trouvait sa juste mesure. Comme si la voûte céleste tenait à rendre hommage au centenaire du merveilleux compositeur italien, Guiseppe Verdi.

Et c’est vrai, quel bonheur de redécouvrir la partition de Rigoletto! Quel doigté, quelle joliesse dans chacune des phrases musicales. On est presque tenté de regretter parfois le vocal qui, ici et là, avait une fâcheuse tendance à ralentir la souplesse de l’écriture du maître compositeur italien. Mais il est vrai qu’il était question d’opéra et non de concert symphonique.

Jeudi soir, il fut beau de voir ses torches allumées dans la nuit. Et ces figurants nous replonger dans l’Italie des siècles passés. Et surtout, ce décor nous embarquer au pied d’un palais d’un Duc (Stefano Secco) libertin, mais presque miraculeusement transformé par une seule femme. Même si l’intrigue la fait mourir d’amour dans le final.

Oui, nous avons eu la chance d’avoir un tout grand Rigoletto, interprété avec puissance et panache par Alain Fondary, le grand baryton français. Et une Gilda follement enchanteresse jouée par la très belle Brésilienne, Andrea Ferreira.

Emmanuel Manzi

Prochaines représentations: 6, 7, 11, 13, 14 et 20 juillet à 21h15.

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