La police fribourgeoise face à un durcissement de la criminalité
L'an dernier, la police cantonale fribourgeoise a enregistré une explosion des violences graves alors que le volume des infractions pénales s'est stabilisé. Dans sa statistique de la criminalité, elle évoque l'intensité des infractions comme nouvelle normalité et une activité marquée par l'urgence sociale.
(Keystone-ATS) Sur le plan de la statistique de la criminalité, l’année 2025 affiche une hausse contenue de 3% des infractions au Code pénal, relève lundi la police cantonale fribourgeoise. Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. Sur le terrain, l’activité de la police s’est maintenue à un niveau de forte intensité.
Le paradoxe réside dans la baisse globale des infractions de violence (-14%), qui contraste avec la forte hausse des violences graves (+46%) et des viols (+64%). «Les homicides tragiques d’Epagny et de Givisiez ont agi comme de véritables électrochocs, rappelant que les violences domestiques restent une préoccupation absolue», relève la police.
Face à cette réalité, une réponse interinstitutionnelle plus ferme est en préparation. En première ligne de cette protection, l’action de la police reste conditionnée par les moyens à disposition. L’explosion des violences graves, de la cybercriminalité et de la détresse sociale, met les ressources policières à rude épreuve.
Violences domestiques
Près de deux fois par jour, les patrouilles de police doivent faire face à des situations humainement complexes lors d’interventions ou d’annonces liées aux violences domestiques (+2%). En parallèle, le canton enregistre une hausse des infractions contre l’intégrité sexuelle (+36%), avec une hausse marquée des viols (+64%).
La criminalité ordinaire demeure une préoccupation quotidienne qui est marquée par une légère hausse des vols par effraction et par introduction clandestine (+3%) ainsi qu’une augmentation plus marquée des vols de véhicules (+22%).
A cela s’ajoute l’évolution constante de la cybercriminalité (+7%). L’année dernière, 1701 plaintes ont été enregistrées, portant sur un préjudice total de plus de 12 millions de francs. Le phénomène des «faux policiers» a particulièrement touché les aînés fribourgeois avec près de 200 cas recensés pour un préjudice de 400’000 francs, contribuant à l’augmentation globale des escroqueries (+16%).
Urgence sociale
A cela s’ajoute que le travail quotidien des agents est impacté par une détresse sociale grandissante, exigeant une adaptation permanente. Les interventions dédiées aux personnes en difficulté ont bondi de 22%. Dans la même dynamique, les annonces de disparitions explosent de 56%, mobilisant régulièrement et dans l’urgence d’importantes ressources.