Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Les coeurs s'échauffent dans «Bordel»

Dirigés par Chantal Siegenthaler, deux acteurs suisses jouent, à Genève, une pièce du dramaturge français Eugène Durif. Poignant.

Elle est magnifique Patricia Bopp. Son regard fait chavirer les cœurs. Normal, elle est faite pour séduire les hommes. C'est une prostituée. Pas elle, évidemment. Mais le personnage qu'elle joue dans ce «Bordel militaire de campagne».

Longtemps, elle a écouté les hommes. Maintenant c'est elle qui parle. Monologue de ruminante, mais pas de militante, même si on est au cœur de la guerre d'Algérie.

Car cette guerre est loin; c'est du moins ce qu'a voulu la jeune metteuse en scène suisse Chantal Siegenthaler qui situe ce «Bordel» sur un quai de métro où la prostituée erre à la recherche de ses souvenirs.

Aux côtés de Patricia Bopp, joue un acteur latino-suisse, Juan Bilbeny lui aussi talentueux. C'est un ramasseur de poubelles, un jeune beur. Il manie son pique-ordures comme une arme qu'il retourne contre le passé.

Il est harcelé par les paroles d'un révolutionnaire algérien disparu (son père?) dont il essaie de se défaire, lui l'émigré au faciès d'emmerdeur qui cherche, en vain, à stabiliser son identité vacillante. Ses hurlements de blessé à vif croisent les murmures de la prostituée dans un va-et-vient entre révolte intérieure et soulèvement armé.

Le spectacle est poignant. Les deux acteurs guident leurs personnages avec amour très bien dirigés par Chantal Siegenthaler qui sert ici un texte d'une grande sensibilité signé Eugène Durif et joué à Genève.

Ghania Adamo

«Bordel militaire de campagne». Genève, Théâtre La Grenade. Jusqu'au 17 décembre. Tel: 022/ 321 99 11

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×