Swiss Made

Petites entreprises et grandes innovations: les start-ups suisses

Drones pour inspecter les réacteurs nucléaires, systèmes révolutionnaires pour diagnostiquer des tumeurs, maisons autosuffisantes en énergie, bracelets capables de déterminer les jours de fertilité: la créativité des start-up suisses ne connaît pas de limites et leurs innovations rencontrent un grand succès dans le monde. 

Ce contenu a été publié le 12 mars 2020 - 17:23
Skizzomat (illustration)

La Suisse figure depuis près de dix ans au premier rang du Global Innovation Index, l’indice mondial des pays les plus innovants publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. 

Jusqu’à présent, les ressources pour la recherche et le développement de produits d’avant-garde étaient concentrées auprès de grandes entreprises transnationales – comme Nestlé, Novartis, Roche, ABB, Givaudan ou Swatch – et des entreprises de dimension moyenne qui ont réussi à occuper des marchés de niche importants à l’échelle mondiale.  

Depuis quelques années, l’innovation commence toutefois à fleurir aussi dans le secteur des start-ups, ces petites entreprises qui se caractérisent par un fort esprit d’innovation et un grand potentiel de croissance. Toujours plus de jeunes suivent cette voie pour développer et commercialiser le fruit de leurs recherches scientifiques et de leur ingéniosité technologique. 

Parmi leurs promoteurs, on trouve Jordi Montserrat, fondateur et codirecteur du programme d’aide aux start-up Venture Lab.  

C’est ainsi qu’il se crée aujourd’hui environ 300 start-ups par an, alors qu’on n’en comptait encore que quelques petites dizaines durant la première décennie de ce millénaire. Les capitaux investis dans les start-ups ont triplé en l’espace de quelques années; ils ont pour la première fois dépassé le seuil du milliard de francs en 2018 et ont connu un nouveau bond en avant en 2019. 

Contenu externe

L'année dernière, la Suisse figurait au cinquième rang des pays européens dans lesquels on investit le plus dans les start-ups, derrière la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et la Suède. Cette croissance subira probablement un coup d’arrêt en 2020: la crise provoquée par le coronavirus a créé une grande incertitude chez de nombreux investisseurs et a réduit, du moins temporairement, les possibilités pour les jeunes entrepreneurs de présenter leurs innovations dans le cadre de conférences et d’autres événements promotionnels.

La plupart des start-ups ne gagnent pas d’argent au cours de leurs premières années d’existence et financent leurs activités avec les fonds et les prêts qu’elles ont pu obtenir. En mai, le Conseil fédéral a décidé de soutenir les jeunes pousses prometteuses qui ont des problèmes de liquidités à cause de la crise sanitaire au moyen de crédits garantis par la Confédération et les cantons d’un montant global de 154 millions de francs. Mais cette somme risque de ne pas suffire.  

Entre tradition et innovation

Plus de la moitié de ces entreprises innovantes sont nées dans les régions de Zurich et de l’arc lémanique, où la présence des deux Écoles polytechniques fédérales joue un rôle fondamental dans la recherche et le développement d'applications scientifiques et technologiques futuristes. 

De nombreuses jeunes entreprises profitent des connaissances de pointe acquises dans les grands pôles d'innovation suisses, tels que l'industrie pharmaceutique, la microtechnique ou les services financiers. Dans le même temps, les start-ups contribuent à une régénération de ces filières traditionnelles en leur offrant des débouchés sur de nouveaux marchés, par exemple en biotechnologie, medtech ou cleantech. 

Il n'est donc pas étonnant que de nombreuses jeunes sociétés fintech aient vu le jour aux côtés de banques au bénéfice d’une histoire centenaire et que de nouvelles solutions de microtechnologie émergent à proximité de l’industrie horlogère traditionnelle. 

Contenu externe

Mais comment se présente le monde des start-up suisses? Nous avons brossé le portrait de quelques jeunes entreprises qui se sont établies ces dernières années avec des produits prometteurs. 

Medtech: L’entreprise zurichoise Ava a mis au point un bracelet capable de déterminer avec précision les périodes de fertilité des femmes. Une innovation qui est en passe de connaître un succès mondial. 

Médecine: Cutiss a développé une méthode révolutionnaire pour recréer de la peau humaine en laboratoire à partir des cellules du patient. Cette innovation apporte un espoir à des millions de personnes qui souffrent de graves problèmes de peau en raison de brûlures, de tumeurs ou d’autres maladies.  

Drones: En l’espace de seulement quelques années, il s’est développé en Suisse une véritable «Drone Valley» qui compte désormais quelque 80 entreprises. Parmi elles, Flyability, qui produit des robots volants capables de pénétrer dans des lieux inaccessibles, ce qui réduit les risques d’accident pour le personnel de centrales nucléaires, de sites industriels ou de corps de pompiers. 

Agriculture: Toujours dans le secteur des drones, la jeune entreprise Gamaya a déjà investi le marché mondial en développant des systèmes intelligents pour surveiller les cultures depuis le ciel avec des caméras. Cette surveillance permet d'apporter des corrections «chirurgicales» aux cultures et de réduire l'utilisation de pesticides. 

Agroalimentaire: AgroSustain a développé des alternatives efficaces, économiques et biologiques aux solutions chimiques jusqu’à présent utilisées pour lutter contre les moisissures, responsables d’un tiers de toutes les pertes après récolte.   

Satellites: Astrocast se prépare à écrire une nouvelle page de l’histoire spatiale suisse. Ce sera le premier opérateur suisse à mettre sur orbite et à gérer son propre réseau de nanosatellites de télécommunication. 

Cleantech: La start-up tessinoise Energy Vault a mis au point une méthode révolutionnaire pour stocker l’électricité produite à partir de ressources renouvelables.

Technologie de surveillance: Geosatis est devenu en quelques années seulement l’un des principaux fournisseurs de bracelets électroniques dans le monde. Cela permet de renoncer à emprisonner des dizaines de milliers de personnes condamnées à des peines privatives de liberté pour avoir commis seulement des infractions légères.  

Luxe: Les start-ups suisses tentent également de pénétrer sur un marché de grande tradition comme le luxe, peu ouvert aux changements.

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article