Manque de soutien pour les jeunes proches aidants
Les jeunes proches de personnes atteintes de troubles psychiques sont souvent négligés. Pourtant, ils assument de nombreuses tâches afin de soulager la famille, selon les résultats de la première enquête représentative menée à l'échelle nationale sur leur situation.
(Keystone-ATS) Selon une nouvelle étude menée par «Stand by You Suisse» en collaboration avec l’institut de recherche «Sotomo», une personne sur quatre a eu dans sa famille un proche atteint d’une maladie mentale pendant son enfance ou son adolescence, soit 1,9 million de personnes au total. Parmi elles, plus de la moitié ont déclaré ne pas avoir reçu le soutien souhaité à cette époque.
Les sondés ont fait part d’une détresse particulièrement grande lorsque leur mère souffrait d’une maladie mentale. Ils ont également signalé un manque de soutien quand leur père était concerné. Les proches de parents isolés sont aussi nettement plus souvent touchés. Selon l’étude, ces parents sont soumis à une pression plus forte et courent un risque plus élevé de développer une maladie mentale.
Les jeunes interrogés ont aussi rapporté avoir tenté de maintenir une façade de bonheur vis-à-vis de l’extérieur. L’étude révèle également que les proches de sexe féminin assument davantage de tâches qui ne correspondent pas à leur âge.
Parler ouvertement
Un dialogue ouvert semble également avoir un impact sur le sentiment de soutien, selon les auteurs de l’étude. 80% des sondés qui peuvent parler ouvertement de leurs propres problèmes et besoins au sein de leur famille ont déclaré, rétrospectivement, avoir été suffisamment soutenus. Lorsque ce n’est pas le cas, près de 90% des jeunes proches se sentent «insuffisamment soutenus».
Arrivé l’âge adulte, certains anciens proches aidants confrontés à la maladie mentale affirment rencontrer davantage de difficultés que le reste de la population. Face à ces chiffres, le coprésident de «Stand by You Suisse» Christian Pfiste souhaite désormais que la protection et le soutien des enfants et des adolescents proches de personnes atteintes de troubles psychiques soient inscrits dans la loi – «tant au niveau cantonal que national».
Les données ont été recueillies en septembre 2025 : 1944 personnes ont été interrogées en ligne dans le cadre de cette enquête.