Paul Klee décortiqué et exposé à Londres

Paul Klee, «Zerbrochener Schlüssel», 1938. hayward-gallery.org

L'exposition «La nature de la création» décompose le processus créatif de l'artiste suisse. 90 oeuvres illustrent le propos tiré de ses propres écrits.

Ce contenu a été publié le 09 février 2002 - 12:04

Les plus anciens travaux présentés à la Hayward Gallery sont de 1914, date à laquelle Paul Klee estime lui-même avoir vraiment «commencé». Ce détail est un préambule au reste de l'exposition. La parole est laissée à l'artiste. Les propos explicatifs, imprimés aux murs de la galerie, proviennent de textes écrits par l'artiste suisse même. Il y analyse son propre travail.

L'exposition divise ce processus de création en six phases, jusqu'à la mort de Paul Klee en 1940. Des peintures carrées (1914-25) aux rythmes mesurés (1920-28), en passant par la ligne narrative (1919-29) et les années Bauhaus (1921-31). La dernière période est marquée par la maladie. Ses mouvements limités, Klee réduit ses compositions à l'essentiel.

Le sens de l'abstraction

Les œuvres ont été choisies à des fins didactiques. Même si cette exposition n'est pas un alignement de pièces maîtresses, on peut tout de même y relever «La Clé Brisée», «Image d'une ville» ou «Le jardin de roses».

La Britannique Bridget Ridley, leader du mouvement artistique «Op art» (optical art) avec le Français Vasarely dans les années 60, est la curatrice de cette exposition. Paul Klee fut pour elle d'une «importance déterminante». «Il m'a fait comprendre ce que signifie l'abstraction» explique-t-elle.

Richard Dorment, critique artistique du quotidien «The Daily Telegraph» relève la qualité première de cette exposition. Elle tente la distinction entre le Klee figuratif et le Klee abstrait. Un exercice d'autant plus difficile que l'artiste utilise le même processus créatif pour les deux types d'œuvres. Si comme figuratif Paul Klee semble un artiste limité, en matière d'art abstrait, il est un artiste de premier plan.

Gaetan Vannay, Londres

«Paul Klee: la nature de la création», Hayward Gallery, Londres, jusqu'au 1er avril.

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