Navigation

L'aventure d'un retour en Suisse

Lotti Pfyl fait ses valises et rentre en Suisse dans quelques semaines. Keystone / Lukas Lehmann

Le rêve de Lotti Pfyl s'est brisé. L'expatriée suisse doit revenir au pays après cinq ans passés en Allemagne. Dans son journal de bord, elle nous raconte comment elle vit ce retour forcé.

Ce contenu a été publié le 23 décembre 2020 - 13:27
Lotti Pfyl. zvg

«En septembre, la visite de Suisse que j'attendais tant est enfin arrivée. Mon fils est venu me voir, les valises chargées de nouvelles sur sa vie. Il a l'opportunité de reprendre, au printemps prochain, un restaurant prisé des touristes en Suisse centrale. Après son départ, j'ai eu un véritable coup de blues.

C’était comme une crise douloureuse, avec le cœur qui s'emballe et de l’essoufflement. Je n'avais jamais vécu cela auparavant. Bien sûr j’avais déjà ressenti un peu de mélancolie entre deux adieux, mais cela n'avait jamais été aussi intense. Désormais, le fait de ne plus avoir aucun contact à cause du coronavirus rend le désir de famille et de se retrouver chez soi plus fort que jamais.

J'ai eu du mal à reconnaître que mon rêve d'une vie différente à l'étranger s’est brisé, à m'avouer que je ne suis pas une entrepreneuse née. Je suis pourtant une créatrice qui regorge d’idées qui n’attendent qu’à être mises en œuvre! Mais j'ai dû accepter que je n'avais plus la force de construire quelque chose de nouveau. Cela n'a pas été facile pour moi.

Retrouvez quotidiennement sur notre application 📱SWI plus📱 un résumé de l'actu et échangez entre vous et avec nous sur notre forum.
👉 AndroidLien externe
👉 iPhoneLien externe

End of insertion

Entrevoir les obstacles

Au début, ce cheminement s'est avéré très diffus. Comme lors d’une promenade automnale dans les bois, lorsque le chemin est couvert de feuilles fraîchement tombées qui peuvent recouvrir les obstacles. Il faut alors avancer prudemment et de manière consciente.

"Comme lors d’une promenade automnale dans les bois, lorsque le chemin est couvert de feuilles fraîchement tombées." Lotti Pfyl


«Et comment sera cette vie, dans laquelle je devrai me contenter du minimum vital?»

End of insertion

Aujourd’hui, une nouvelle phase de ma vie commence. Une vie de rapatriée, voire même une vie à l’assistance sociale, à moins qu'un petit miracle ne se produise. Et comment sera cette vie, dans laquelle je devrai me contenter du minimum vital?

Ce sera une vie avec moins de biens matériels, mais avec une bien meilleure qualité, j’en suis sûre. J'ai la tête qui tourne en ce moment, tant de pensées me traversent l'esprit. En Suisse, mon appartement ne possède que deux pièces, une cuisine et une salle de bain. Je dois donc me séparer d’une partie de mes biens.

Lâcher prise

Je vais me séparer de mes livres, qui m'accompagnent depuis des décennies et qui sont extrêmement importants pour moi. Je réduis également mon ménage. Que ferai-je de toutes les casseroles, plats et couverts pour 12 personnes? Non pas que je veuille me limiter à 100 objets, comme le veut la tendance. Mais c’est bien connu, «moins c'est plus» et j'ai même hâte d'avoir un bagage plus léger. Je suis même un peu fière d’avoir réussi à lâcher prise et à dire au revoir à mes trésors sans verser de larmes.

Sa chienne border collie Kiuma a aidé Lotti Pfyl à se sentir moins seule. Lotti Pfyl

Il y a toutefois une malle renfermant des souvenirs dans laquelle je ne ferai pas de tri et qui rentrera avec moi en Suisse. C’est un coffre aux trésors non pas pour moi, mais pour mes enfants. S’y trouvent des photos de famille, les faire-part de naissance et les bougies de baptême de mes enfants ou les lettres au Père-Noël. J’y ajouterai des souvenirs de mon séjour en Allemagne.

«Quelle est la meilleure chose que je rapporte en Suisse? Mon chien border collie Kiuma.»

End of insertion

Quelle est la meilleure chose que je rapporte en Suisse? Mon chien border collie Kiuma. Elle m’accompagne depuis l'été 2016. En tant qu'expatriée suisse, je n'aurais pas survécu à toute cette période avec le coronavirus sans elle. Je vais donc aussi mettre les anciennes plaques d'identification de Kiuma dans la malle ainsi que des photos réussies d'elle et de mon expérience.

Pas vraiment dans l'ambiance de Noël

Maintenant, Noël approche à grands pas. Du moins si j’en crois le calendrier et les tubes de Noël qui passent à la radio. Mes décorations de Noël sont quant à elles restées au sous-sol. J'ai simplement peint quelques étoiles à la craie sur les fenêtres, déposé une grande étoile en bois à l'extérieur près de l'entrée et je renouvelle chaque soir la bougie sur mon ange de Noël.

Un peu d'esprit de Noël en Allemagne. Lotti Pfyl

J'ai été invitée par de gentils voisins à prendre le thé chaque dimanche de l'Avent. J'ai beaucoup apprécié et cela m'a permis de me mettre dans l’ambiance de Noël. De plus, je me suis sentie un peu moins seule pendant cette période.

Pour moi il n’y aura pas vraiment de Noël cette année. Je ne vais pas en Suisse pour rendre visite à ma famille et à mes amis et je n'attends aucun visiteur de Suisse. Ici, dans le Haut-Palatinat, je n'ai pratiquement aucun contact, à l'exception d'une Suissesse.

Je l'ai rencontrée, elle et sa fille adoptive, lors d'une promenade avec mon chien. Nous allons célébrer le réveillon de Noël ensemble avec un excellent risotto et un bon verre de vin rouge. Une petite lueur d'espoir.»

L'aventure d'un retour en Suisse

La Suisse de l’étranger Lotti Pfyl rentre au pays et nous l’accompagnons dans son aventure. Grâce au  journal de bord qu’elle tiendra durant toute cette période, elle nous donnera un aperçu de la manière dont elle vit ce grand changement. Le prochain poste paraîtra peu avant son voyage de retour, à la fin du mois de janvier.

End of insertion
Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.