Iran: Trump fait soudain miroiter une fin du conflit
Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens. Il espère trouver parmi eux un futur dirigeant compatible avec Washington.
(Keystone-ATS) Le président américain a parlé sur son réseau Truth Social de «très bonnes et productives discussions pour une cessation totale» des hostilités. Interrogé par téléphone par l’AFP, il a assuré peu après que «tout se passait très bien» avec Téhéran.
Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l’existence de négociations entre Washington et la République islamique.
Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions «continueraient cette semaine» et a surtout fait part d’un report «de cinq jours» de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.
Khamenei «indisponible»
Après cette volte-face, il a longuement parlé aux journalistes avant de quitter la Floride pour un déplacement rapide à Memphis (sud), mais ses propos ont suscité plus de questions qu’ils n’ont apporté d’éclaircissements.
Il a évoqué des «points d’accord majeurs» lors de négociations menées sans le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qu’il a dit être «indisponible».
«Nous négocions avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides (…) Ils sont très respectés et peut-être que l’un d’entre eux sera celui que nous cherchons», a-t-il dit.
«Il y a automatiquement un changement de régime» parce que «tous les représentants du régime ont été tués», a encore déclaré le président américain lors de ce dialogue au pied de l’avion.
Le milliardaire, comme souvent quand il évoque l’Iran, a donné l’exemple du Venezuela, où les Etats-Unis ont capturé l’ancien dirigeant Nicolas Maduro et traitent depuis avec l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, qu’il présente régulièrement comme une interlocutrice «formidable».
Uranium enrichi
Le républicain, coutumier des déclarations contradictoires, a aussi menacé de «continuer à bombarder allègrement» l’Iran si les discussions échouaient, et dit qu’il ne «garantissait rien» quant à une fin des hostilités, débutées le 28 février par des frappes israélo-américaines, suivies de ripostes iraniennes.
«Nous voulons l’uranium enrichi» des Iraniens, a aussi déclaré Donald Trump, mais sans préciser comment il comptait en prendre possession.
Son message sur Truth Social, écrit intégralement en lettres capitales, a eu au moins un effet immédiat, celui de faire baisser le cours du pétrole et grimper les marchés.
«JE SUIS CONTENT DE RAPPORTER QUE LES ETATS-UNIS D’AMERIQUE ET LE PAYS DE L’IRAN ONT EU, CES DEUX DERNIERS JOURS, DE TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLETE DE NOS HOSTILITES AU MOYEN-ORIENT», a annoncé Donald Trump sur sa plate-forme.
Il avait donné samedi à l’Iran un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz avant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, et n’avait pas fait état récemment de négociations.
Mines
Il a précisé que le moratoire de cinq jours sur des frappes sur les sites énergétiques dépendait «DU SUCCES DES REUNIONS ET DES DISCUSSIONS EN COURS», en concluant son annonce par sa formule habituelle: «MERCI DE VOTRE ATTENTION».
Les dernières annonces venues auparavant du Moyen-Orient ne laissaient pas présager d’un apaisement.
Défiant l’ultimatum émis samedi par le président américain, l’Iran a menacé lundi de poser des mines navales dans le Golfe.
Tôt lundi, l’armée israélienne a elle annoncé mener «une large vague d’attaques» à Téhéran, où des agences iraniennes ont signalé des explosions. D’après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l’est et l’ouest de la capitale.