1:12: un comité de gauche appelle à mettre fin aux abus salariaux
(Keystone-ATS) A moins de trois semaines des votations, un comité de gauche entre dans l’arène pour défendre l’initiative «1:12 – pour des salaires équitables». Le texte de la Jeunesse socialiste offre l’occasion unique de mettre un terme aux abus salariaux, selon ses partisans. Les adversaires n’ont en tout cas présenté jusqu’ici aucune alternative.
Pour Christian Levrat, l’initiative est une «chance historique à saisir». Tout le monde admet, certains plus clairement que d’autres, que les salaires de plusieurs millions ne sont ni mérités ni justifiés, a déclaré mardi le président du Parti socialiste (PS).
Le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann, qui perçoit lui-même un salaire de 450’000 francs par an, se retrouve à défendre des rémunérations de plusieurs millions, tout en appelant à la modération.
Admettre un problème ne signifie pas encore qu’il est résolu, selon le Fribourgeois. Ni le Conseil fédéral ni l’économie n’ont de recette pour contrer la mentalité de self-service de mise chez les top managers, a renchéri la conseillère nationale bernoise Regula Rytz, co-présidente des Verts.
Les dirigeants les mieux payés refusent de s’exprimer dans la campagne, a constaté Regula Rytz. Ils préfèrent ne pas devoir expliquer pourquoi leurs énormes salaires sont nécessaires ni pourquoi leurs collègues européens gagnent nettement moins.
Pour M. Levrat, il reste malgré tout des chances «raisonnables» de remporter le scrutin le 24 novembre. La première victoire aura de toute façon été l’importance accordée à l’initiative et au débat sur la justice salariale.
Les pertes que provoquerait l’initiative aux assurances sociales et au fisc, elles ne peuvent être chiffrées, selon le Conseil fédéral, a rappelé le président du PS. Pour garantir l’assiette des cotisations, il serait cependant envisageable de ponctionner les dividendes excessifs, comme le propose une récente motion du PDC, a-t-il dit.