Boudry (NE): soupçon d’actes d’ordre sexuel contre des requérants
(Keystone-ATS) Le Ministère public du canton de Neuchâtel a ouvert une enquête pénale pour abus de faiblesse à l’encontre de huit personnes travaillant au centre de requérants d’asile de Perreux, à Boudry (NE). Elles auraient entretenu des relations intimes avec des requérants.
Parmi les huit personnes concernées, cinq sont membres du personnel de l’entreprise de sécurité et trois sont des employés du service cantonal des migrations. Elles ont été interpellées et entendues sur les faits entre le 7 et le 14 février, a indiqué vendredi la Chancellerie d’Etat.
Des investigations sont actuellement en cours en vue de déterminer si tous les éléments constitutifs de l’infraction d’abus de la détresse sont effectivement réalisés ou non. Le canton a rappelé que les huit personnes prévenues bénéficient toutes de la présomption d’innocence.
Suspensions provisoires
Certains comportements des prévenus pouvant être critiquables d’un point de vue professionnel, le Conseil d’Etat a décidé de suspendre provisoirement deux des trois collaborateurs concernés. Il a en outre exigé que les agents de sécurité sur place soient remplacés immédiatement.
Le directeur adjoint de l’entreprise de sécurité en question est nul autre qu’Yvan Perrin, ancien conseiller national UDC et candidat à l’élection au Conseil d’Etat neuchâtelois du 14 avril. L’information diffusée par la RTS a été confirmée à l’ats par le directeur de l’entreprise.
Après une altercation
L’affaire a commencé suite à l’altercation ayant opposé début décembre trois requérants d’asile et deux agents de sécurité. Lors de leur audition mi-décembre par la police neuchâteloise, ces trois requérants ont laissé entendre que des relations intimes auraient été entretenues entre du personnel de sécurité, du personnel d’encadrement et des requérants, aussi bien hommes que femmes.
Le Ministère public a alors demandé des investigations policières complémentaires. Début février, 16 requérant(e)s d’asile – résidant ou ayant résidé au centre de Perreux – ont ainsi été entendu(e)s sur ces faits.
Soupçons suffisants
Le 6 février, une collaboratrice d’Amnesty International (section suisse) a été entendue par la police comme témoin. Le Ministère public avait été informé que cette femme aurait été approchée à mi-janvier 2013 par plusieurs requérants d’asile qui se seraient ouverts auprès d’elle de ces problématiques.
Le 14 février, 11 requérant(e)s d’asile ont également été entendu(e)s ou réentendu(e)s. Leurs déclarations ont laissé apparaître «des soupçons suffisants que des infractions avaient pu être commises». Une instruction pénale a ainsi été ouverte pour infraction à l’article 193 du code pénal. Dans ce cas, il n’est pas question de viol.