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Bruxelles critique un «retour en arrière» de la Turquie

"La Turquie, en tant que pays candidat, doit remplir les critères les plus élevés sur lesquels elle s'est elle-même engagée et sur lesquels il ne saurait y avoir aucun compromis", a estimé le commissaire européen à l'Elargissement, Johannes Hahn. KEYSTONE/EPA/OLIVIER HOSLET sda-ats

(Keystone-ATS) L’Union européenne (UE) a critiqué un «retour en arrière» de la Turquie sur les critères d’adhésion au bloc européen, dans un rapport de la Commission publié mercredi. Ce recul concerne notamment l’indépendance de l’appareil judiciaire et la liberté d’expression.

Le rapport rappelle que nombre de textes de loi en Turquie «ne sont pas conformes aux standards en vigueur dans l’Union européenne». Il s’inquiète aussi de l’éventuelle présentation au Parlement d’un texte rétablissant la peine de mort, que l’UE rejette «sans équivoque».

«Il est temps qu’Ankara nous dise ce qu’elle veut vraiment», a estimé le commissaire européen à l’Elargissement, Johannes Hahn, en présentant le texte. «La Turquie, en tant que pays candidat, doit remplir les critères les plus élevés sur lesquels elle s’est elle-même engagée et sur lesquels il ne saurait y avoir aucun compromis».

La Turquie a rejeté les conclusions de ce rapport. «Certaines sections du rapport sont loin d’être objectives», a déclaré le ministre des Affaires européennes Omer Celik lors d’une conférence de presse à Ankara. Il a estimé que le rapport ne servait pas les intérêts des relations entre Ankara et l’UE et a accusé le bloc de ne plus avoir la vision de ses pères fondateurs.

Appel à renouer le dialogue

Indépendamment de la publication de ce rapport, le président turc Recep Tayyip Erdogan a, quant à lui, invité mercredi l’UE à se prononcer rapidement sur la demande d’adhésion de la Turquie au bloc communautaire. «Evaluez, mais ne tardez pas dans cette évaluation. Prenez une décision finale», a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé à Istanbul et retransmis en direct à la télévision.

Mardi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait mis en doute la volonté d’Ankara d’adhérer à l’UE. Il avait déploré que ce pays «s’éloigne chaque jour de l’Europe», dans une référence aux vastes purges menées par le régime depuis la tentative de coup d’Etat de juillet. Plus de 110’000 fonctionnaires, policiers, soldats, juges, journalistes et autres ont été arrêtés ou suspendus.

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini avait, de son côté, fermement appelé le pouvoir turc à renouer le dialogue avec l’opposition et à sauvegarder la démocratie. Elle avait qualifié d'»extrêmement préoccupants» les derniers événements survenus dans le pays. Une déclaration que le ministère turc des Affaires étrangères a jugée «inacceptable».

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