Cinq des 53 opposants cubains libérés fin 2014 à nouveau incarcérés
(Keystone-ATS) Cinq opposants cubains qui faisaient partie d’un groupe de 53 militants libérés fin 2014 ont été à nouveau incarcérés depuis, a dénoncé lundi la Commission cubaine des droits de l’homme (CCDH). Le groupe entier avait recouvré la liberté sur demande des Etats-Unis.
Ces cinq «ex-prisonniers politiques (…) ont été incarcérés dans des prisons de haute sécurité au deuxième semestre 2015», a indiqué la CCDH, organisation illégale mais tolérée par les autorités, dans son rapport annuel sur la «répression politique».
Parmi les prisonniers figure Vladimir Morera, détenu dans un hôpital du centre du pays après avoir mené une grève de la faim pendant plus de 80 jours. Selon sa famille, il a recommencé à s’alimenter le 31 décembre. La semaine dernière, Washington avait appelé à sa libération, estimant qu’il était détenu pour «dissidence pacifique».
Sont également incarcérés Wilfredo Parada Milian, Jorge Ramirez Calderon, Carlos Manuel Figueroa et Aracelio Ribeaux Noa. Selon la CCDH, les cinq hommes ont été arrêtés «dans le cadre de procédures biaisées».
Les cinq hommes faisaient partie d’un groupe de 53 personnes considérées par Washington comme des prisonniers politiques et qui avaient été libérées en décembre 2014 et janvier 2015 par La Havane dans la foulée du dégel entre les deux pays.
Les autorités cubaines, qui considèrent ne détenir actuellement aucun prisonnier politique, ne se prononcent pas sur ce type de dossiers, qui selon elles relèvent exclusivement de la justice.
«Répression» qui déçoit
Dans son rapport, la Commission a dénombré 8616 arrestations pour motifs politiques en 2015, un chiffre en légère baisse par rapport à 2014 (8889). La plupart du temps, ces détentions ne durent que quelques heures. Selon la CCDH, cette «répression politique» déçoit «les espoirs nés de l’annonce du rétablissement des relations diplomatiques» entre Cuba et les Etats-Unis en juillet dernier.
A ce jour, la CCDH dénombre encore une soixantaine de prisonniers d’opinion sur l’île, mais les grandes organisations telles qu’Amnesty International ne confirment pas ces chiffres.
Amnesty a récemment accusé le gouvernement de Raul Castro de «harceler» des militants de l’opposition et de recourir aux détentions temporaires «pour les empêcher de participer à des manifestations ou des réunions».
Interdite par les autorités et privée d’accès aux médias officiels, la dissidence est considérée par les autorités cubaines comme un ensemble de «mercenaires» manipulés par des intérêts étrangers.