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Une Lausannoise lauréate du Prix C.-F. Ramuz 1999

Le Prix C.F. Ramuz a été décerné ce week-end au jeune écrivain lausannois Claire Genoux, 28 ans, pour son ouvrage «Saisons du corps» paru aux éditions Empreintes. Un prix décerné tous les trois ans à un ouvrage de poésie romande.

Le Prix C.F. Ramuz a été décerné ce week-end au jeune écrivain lausannois Claire Genoux, 28 ans, pour son ouvrage «Saisons du corps» paru aux éditions Empreintes. Un prix décerné tous les trois ans à un ouvrage de poésie romande.

«J’ai appris à boire ta salive comme un alcool. Tant de fois j’ai désiré ta langue d’eau entre mes dents. Puissante et dure comme une langue d’homme. Ta langue de métal. Ta mâchoire de montagnes contre la mienne. Et ton pelage de brume raidi entre mes cuisses. Ce soir, je veux encore m’enivrer à ton ventre. Qu’un petit air cendré excite».

Ce sont les vers qui jalonnent les premières pages de ce Prix C.F. Ramuz 1999, attribué ce week-end dernier, à Pully, près de Lausanne, à la jeune poétesse vaudoise Claire Genoux, pour son nouvel et deuxième ouvrage «Saisons du corps».

Claire Genoux conjugue sa vie au travers de sensations souvent extrêmes. Qu’elle couche sur le papier par nécessité de vivre. Le lac est très présent. Notamment par la distance entre ses deux rives qui sépare l’homme désiré de son silence imposé.

Ce recueil de poèmes débute par les «Saisons du lac», suivi d’«Elégies de novembre», puis de «J’aurais été reine» et enfin de «Prison du corps».

Claire Genoux croit aux cycles de la vie. Et perçoit, non par mysticisme, mais par sensualité, cette dimension que nous voile trop souvent le quotidien. La poétesse s’interroge sur tout. Et plus encore, sur les rapports de son corps avec la mort. Persuadée que sous la tombe ou dans le retour à la poussière, quelques sensations diffuses devraient encore nous éveiller au rythme des saisons, aux battements de la vie.

Dans la forme, la poésie de Claire Genoux se révèle avant tout musicale. Elle joue de la sonorité des mots, comme les enfants découvrent leurs premiers jouets. Avec délectation.

C’est bien simple: à la lecture de son oeuvre, les bruits et les odeurs du lac, de l’eau sur les corps vous effleurent, vous caressent. Toujours en rythme. Et dans la fragilité qui sépare la vie du trépas. Un quotidien que Claire Genoux sait lire, observer, regarder.

Emmanuel Manzi

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