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Duterte raconte avoir agressé sexuellement sa domestique

M. Duterte et ses conseillers ont l'habitude, après chacune de ses déclarations controversées sur les femmes, de les relativiser en les présentant comme des blagues, ou en disant qu'elles ont été tirées de leur contexte (archives). KEYSTONE/EPA/MARK R. CRISTINO sda-ats

(Keystone-ATS) Le président philippin Rodrigo Duterte a provoqué un tollé dimanche en racontant comment, adolescent, il aurait infligé des attouchements à sa domestique. Des organisations de défense des droits des femmes l’accusent de faire la promotion des agressions sexuelles.

Le très controversé président fait régulièrement scandale quand il s’exprime sur les femmes. Il avait notamment fait des plaisanteries sur un viol et s’était publiquement targué de ses infidélités. Evoquant sa confession auprès d’un prêtre quand il était au lycée, M. Duterte, 73 ans, a raconté comment il était entré dans la chambre de sa domestique pendant qu’elle dormait.

«J’ai levé la couverture (…) J’ai tenté de toucher ce qui était dans la culotte», a-t-il raconté dans un discours. «J’étais en train de toucher, elle s’est réveillée, alors je suis sorti.» Il a ensuite affirmé avoir confessé au prêtre qu’il était retourné dans la chambre de la domestique et avait tenté de l’agresser à nouveau.

Tentative de viol

Le parti Gabriela, qui défend les droits des femmes, a demandé la démission du président en dénonçant ses propos «repoussants», et en l’accusant d’avoir reconnu une tentative de viol. «Une pénétration avec le pénis n’est pas la seule qui soit constitutive de viol. S’il s’agit d’un doigt ou d’un objet, c’est également un viol», a déclaré Joms Salvador, secrétaire général de Gabriela.

Répondant aux critiques pleuvant de toute part, le porte-parole de M. Duterte a affirmé dimanche que le président avait «pimenté» l’histoire. «Il a inventé une anecdote risible pour attirer l’attention sur les agressions sexuelles que lui et ses camarades subirent au lycée», a déclaré Salvador Panelo.

Victimes d’adression

M. Duterte a tenu ces propos alors qu’il était en train de fustiger l’Eglise catholique au sujet des accusations d’agressions sexuelles sur les enfants.

Le président, qui n’a pas hésité à présenter l’Eglise comme «l’institution la plus hypocrite» alors que son pays est majoritairement catholique, a en effet affirmé samedi que ses camarades de classe et lui avaient été victimes d’agression sexuelle en confession.

M. Duterte est en conflit ouvert avec la hiérarchie catholique de son pays qui s’est montrée très critique de sa sanglante campagne contre le trafic de drogue.

M. Duterte et ses conseillers ont l’habitude, après chacune de ses déclarations controversées sur les femmes, de les relativiser en les présentant comme des blagues, ou en disant qu’elles ont été tirées de leur contexte. Le président avait été fortement critiqué en 2016 pour une plaisanterie douteuse sur le viol et le meurtre d’une religieuse australienne en 1989.

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