Haut-Rhin: 20 ans de réclusion pour un meurtre maquillé en suicide

Ce contenu a été publié le 30 juin 2020 - 18:58
(Keystone-ATS)

La cour d'assises du Haut-Rhin a condamné mardi à 20 ans de réclusion criminelle un homme de 35 ans qui avait étranglé en 2018 sa compagne avec une cordelette, sur fond de consommation de drogues. Le coupable avait ensuite tenté de maquiller le crime en suicide.

Cette peine, prononcée après trois heures de délibéré, est conforme aux réquisitions de l'avocat général Benjamin Coulon à l'encontre du coupable du meurtre en avril 2018 de sa compagne.

"Le discernement de l'accusé était plein et entier (...) et les dosages de drogues n'étaient pas de nature à provoquer une inconscience totale de ses faits et gestes", a estimé la magistrat, s'appuyant sur plusieurs expertises.

L'accusé, qui encourait la réclusion à perpétuité, avait d'abord soutenu que sa compagne s'était pendue avec une ceinture dans leur logement social de Ferrette, un village du sud de l'Alsace, pendant qu'il dormait.

Une version réfutée par les constatations du légiste selon lequel les fines traces sur le cou de la victime étaient incompatibles avec celles qu'aurait pu laisser l'épaisse ceinture. Placé en garde à vue, il avait reconnu les faits, avant de se rétracter pendant les deux années suivantes.

Mais mardi matin, ce polytoxicomane est de nouveau passé aux aveux, reconnaissant avoir serré avec une cordelette le cou de la victime, puis maquillé le crime en suicide par pendaison. Un drame noué lors d'une dispute alimentée par une consommation excessive de stupéfiants, pour lui comme pour elle.

"Je n'étais pas bien dans ma tête, mais je suis désolé et présente mes excuses à tous ceux à qui j'ai fait du mal", a-t-il lancé aux jurés, tête basse.

Son avocat, Me Jonathan Muré, a plaidé "une profonde altération du comportement" causée par les stupéfiants, avant de tenter d'instiller le doute quant à l'intention homicide: "l'accusé a étranglé sa compagne, mais voulait-il vraiment la tuer?".

La victime était "heureuse d'enfin pouvoir s'afficher publiquement avec un homme. Mais elle n'était pas violente, contrairement à ce monsieur déjà condamné deux fois pour violences avec arme par le passé", a déclaré l'avocate des proches de la victime, Me Axelle Mollet.

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