Hormuz: Macron évoque un «cadre onusien» pour une future mission
Le président français Emmanuel Macron a évoqué jeudi la possibilité d'un "cadre onusien" pour une future mission visant à sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz une fois que les armes se seront tues au Moyen-Orient. Cela "pourrait aider", a-t-il estimé.
(Keystone-ATS) Quelque 20’000 marins sont actuellement bloqués sur 3200 navires près du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport des hydrocarbures bloqué par l’Iran en représailles aux frappes américaines et israéliennes.
La France entend «tester les principaux partenaires et en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité» de l’ONU, «sur l’opportunité d’avoir un cadre onusien sur ce que nous voulons faire sur Ormuz», a dit le président français à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.
«Il y a une démarche exploratoire que nous avons commencée et nous verrons dans les prochains jours si elle a une chance d’aboutir», a-t-il ajouté. Il a expliqué en avoir parlé avec le secrétaire général de l’ONU António Guterres, avec le premier ministre indien Narendra Modi et plusieurs dirigeants européens.
Emmanuel Macron a réaffirmé que «la France était prête, avec d’autres nations, à prendre la responsabilité d’un système d’escorte de navires dans le détroit, dans le cadre d’une mission qui n’a pas vocation à être une action de vive force».
«En revanche, nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours» au Moyen-Orient, a-t-il insisté.
Six pays prêts à intervenir
Six pays se sont dit jeudi «prêts à contribuer» aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, mais seulement une fois que que les armes se sont tues. Ces six pays sont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon.
Ils ont demandé un «moratoire immédiat» sur «les attaques contre les infrastructures civiles, notamment les installations pétrolières et gazières» dans le golfe Persique, dans un communiqué conjoint, publié après les frappes iraniennes sur le site gazier de Ras Laffan au Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).
Le président américain Donald Trump avait appelé dimanche ses alliés ainsi que la Chine à fournir leur assistance pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Mais il a essuyé des refus successifs qui ont provoqué sa colère.
La quasi-paralysie par Téhéran du détroit, par où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale mais aussi du gaz naturel liquéfié, a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures, avec un impact économique mondial.
Ces derniers jours, l’Iran a autorisé le passage de quelques navires de pays qu’il considère comme alliés, tout en avertissant qu’il bloquerait ceux des pays jugés hostiles.