Kadhafi: le procureur genevois Yves Bertossa referait la même chose
(Keystone-ATS) Le procureur Yves Bertossa, à l’origine de l’arrestation en 2008 à Genève d’Hannibal Kadhafi, a la conscience tranquille. «Si c’était à refaire, je le referais», a-t-il déclaré lundi dans une interview accordée à la «Tribune de Genève».
Le magistrat, fils de l’ancien procureur général genevois Bernard Bertossa, ne s’était auparavant jamais exprimé publiquement sur cette affaire qui a débouché sur une grave crise diplomatique entre la Suisse et la Libye du colonel Kadhafi. Dans ce dossier, «Genève a simplement fait son travail», a estimé Yves Bertossa.
Risque de fuite
Le procureur avait donné son feu vert à l’intervention de la police genevoise dans le palace où logeaient Hannibal Kadhafi et son épouse Aline, car il existait un risque de fuite «évident» du couple. Les faits reprochés aux Kadhafi, à savoir d’avoir maltraité leurs domestiques, n’étaient pas anodins non plus.
«On ne parlait pas de voies de fait ou de simples baffes, mais de sévices sérieux», a souligné M. Bertossa. Pour le magistrat, les deux époux, qui ne bénéficiaient pas de l’immunité diplomatique, devaient être considérés comme «des délinquants potentiels ordinaires».
M. Bertossa a apprécié le soutien apporté à l’époque par le Conseil d’Etat genevois à la justice et à la police cantonales. Il a eu un comportement «tout à fait digne et honorable». Le gouvernement du bout du lac a fait preuve «de l’attitude soudée que toute la Suisse aurait dû avoir» dans cette affaire, a-t-il ajouté.
Pas de reproches
Le procureur s’est cependant gardé de lancer des accusations à tout va. «Je ne pointe aucune erreur, que ce soit de Berne ou de quelqu’un d’autre». Il a simplement regretté que des personnes aient «contribué à alimenter les divisions dans le cadre de cette crise», sans toutefois les nommer.
M. Bertossa a aussi déploré la décision de créer un tribunal arbitral international pour résoudre la crise entre Berne et Tripoli.