Le nouveau chef du Pentagone Mark Esper est arrivé samedi en Asie. Il entend profiter de cette tournée pour avertir la Chine que les Etats-Unis ont désormais les mains libres pour concurrencer son arsenal militaire dans la région.

M. Esper, premier secrétaire américain de la Défense titulaire depuis sept mois, a prévenu d'entrée que les Etats-Unis souhaitent déployer rapidement en Asie de nouvelles armes conventionnelles de portée intermédiaire, maintenant qu'ils ne sont plus liés par le traité INF.

"Nous voudrions le faire le plus tôt possible", a-t-il dit dans l'avion qui l'acheminait à Sydney. "Je préférerais compter en mois", a-t-il précisé aux journalistes qui l'accompagnaient dans sa tournée. "Mais ces choses-là ont tendance à prendre plus de temps que prévu".

Le ministre n'a pas précisé où Washington avait l'intention de positionner ces armements. "Je ne voudrais pas spéculer, parce que (...) c'est le genre de choses dont on discute toujours avec les alliés".

Montée en puissance de la Chine

Accusant la Russie de le violer depuis des années, les Etats-Unis se sont retirés vendredi du traité de désarmement INF, conclu en 1987 entre Washington et Moscou pour interdire totalement les missiles terrestres de portée intermédiaires (de 500 à 5500 km).

Washington est désormais libre de venir concurrencer la Chine, dont l'arsenal est largement constitué d'armes du type interdit par le traité INF, dont Pékin n'a jamais été signataire.

L'armée chinoise s'est emparée d'îles disputées en mer de Chine méridionale. Cette montée en puissance de Pékin inquiète les alliés traditionnels des Etats-Unis dans la région, comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Elle a aussi conduit d'autres pays comme l'Indonésie, le Vietnam ou encore les Philippines à rechercher auprès des Etats-Unis une protection face à Pékin.

M. Esper a noté que la Chine ne devrait pas s'étonner des projets américains, "parce que nous en parlons depuis un bon moment". "Je voudrais souligner que 80% de leur arsenal est composé d'armes de type INF. Cela ne devrait donc pas surprendre que nous voulions des capacités similaires", a-t-il souligné.

"Mesures correctives"

Pour autant, M. Esper a assuré que les Etats-Unis ne se lançaient pas dans une nouvelle course aux armements: "Le sens traditionnel d'une course aux armements est compris dans un contexte nucléaire". "A l'heure actuelle, nous ne prévoyons pas de fabriquer des armes de type INF à tête nucléaire. Ce sont les Russes qui ont développé des armes qui violaient le traité et qui sont probablement à tête nucléaire".

"Ce que je vois, c'est que nous prenons des mesures correctives pour développer une capacité dont nous avons besoin sur le théâtre européen et ici, sur le théâtre indo-pacifique", a-t-il ajouté.

M. Esper retrouve à Sydney le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Les deux hommes doivent participer dimanche à une réunion avec leurs homologues australiens. Le chef du Pentagone se rendra ensuite en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Mongolie et en Corée du Sud

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