Le commerce maritime a toussoté en 2015 dans le monde
(Keystone-ATS) La croissance du commerce maritime dans le monde ne cesse de ralentir depuis 2009. En 2015, elle n’a atteint que 2,1% même si le volume a dépassé pour la première fois les 10 milliards de tonnes, a dit lundi à Genève la CNUCED.
Au total, 80% des marchandises ont été transportées par la mer. La contraction du commerce mondial constitue la principale raison qui explique la baisse de la croissance du secteur, dit l’étude sur les transports maritimes de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Les prévisions à court terme «restent incertaines et risquent de se dégrader», estime le secrétaire général Mukhisa Kituyi. Les navires toujours plus grands, pour diminuer les frais d’exploitation, sont trop étendus pour le nombre de marchandises.
Et ils font grimper les coûts systémiques, notamment dans les pays en développement qui doivent maintenir la compétitivité de leurs ports. La CNUCED coopère au total avec plus de 200 ports dans 29 pays.
60% dans les pays en développement
Plus largement, la demande chinoise et les prix des produits de base sont bas. Avec l’offre excédentaire et les incertitudes politiques des pays producteurs de gaz et pétrole, ils constituent des facteurs qui pourraient détériorer la situation.
La part des pays en développement a elle augmenté. Au total, 60% des marchandises ont été chargées dans ces pays et plus de 60% ont été déchargées dans ces régions, contre à peine plus de 40% en 2006.
Or, en dehors de la Chine, les ports de ces pays ne disposent pas des infrastructures pour des navires plus grands. A plus long terme, la CNUCED reste optimiste avec les projets récents dans des régions du monde.
Hanjin pas pris en compte
Par secteur, le transport du pétrole a observé son volume le plus important depuis sept ans. Le recul des cours, une offre abondante et une demande stable expliquent la situation.
Les capacités de transport ont elles augmenté de 3,5% à 1,8 milliard de tonnes de port en lourd. Elles font reculer le fret à des taux «historiquement bas».
Par ailleurs, le transport maritime totalise 3% des émissions de gaz à effet de serre mais sa part pourrait augmenter de 50 à 250% d’ici 2050. L’étude ne prend pas en compte la faillite en septembre dernier du groupe de transport de conteneurs Hanjin.