Le contre-projet à l’initiative neutralité part en conciliation
Alors qu'il a déjà refusé l'initiative sur la neutralité, le Parlement reste divisé sur le contre-projet direct. Le Conseil des Etats en veut un, contrairement au National. Les deux Chambres ont maintenu leurs positions mercredi. Le dossier part en conciliation.
(Keystone-ATS) L’initiative populaire «Sauvegarder la neutralité suisse», déposée par Pro Suisse et des membres de l’UDC, veut qualifier la neutralité helvétique de «perpétuelle et armée». Elle exige aussi que la Suisse n’adhère à aucune alliance militaire ou de défense, ni ne prenne de sanctions économiques ou diplomatiques contre un Etat belligérant, sous réserve de ses obligations envers l’ONU.
D’emblée, les Chambres ont catégoriquement refusé l’initiative. Toutefois, celle des cantons s’est toujours positionnée en faveur d’un contre-projet direct, sur des votes serrés. En fin de matinée, elle a remanié sa version, pour «faire un pas envers le Conseil national», selon le sénateur Benedikt Würth (Centre/SG).
L’article stipulant que la Confédération fait usage de la neutralité pour garantir l’indépendance et la sécurité du pays, pour prévenir et contribuer à résoudre les conflits a été supprimé. Seule la neutralité «perpétuelle et armée» de la Suisse doit être inscrite dans la Constitution.
Au National, plus tard dans la journée, l’UDC a tenté encore une fois de faire accepter son initiative, en vain. Elle soutenait le contre-projet des sénateurs comme alternative. Certains élus du Centre, du PLR et du PVL y étaient aussi favorables.
Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis y était opposé. Il a eu gain de cause par 107 voix contre 80.