Médecins Sans Frontières (MSF) et 45 organisations s'en prennent à la Suisse pour son attitude sur la transparence des coûts liés aux médicaments. Avec d'autres pays, celle-ci veut atténuer à Genève un projet de résolution à l'Assemblée mondiale de la santé (AMS).

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'initiative portée l'Italie et soutenue par neuf autres pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) faisait encore face à 110 détails à régler. De quoi faire douter sur un consensus ou un vote avant la fin de l'AMS mardi prochain.

Le projet de résolution souhaite notamment une transparence sur les prix réels, les coûts et l'investissement public et privé dans la recherche, les dépenses et les résultats liés aux tests cliniques et la situation des brevets. La Suisse est favorable seulement à la première revendication.

"Elle est plus transparente que de nombreux autres pays" sur les prix, a admis jeudi devant les correspondants accrédités à l'ONU la responsable de la campagne de MSF pour l'accès aux médicaments Gaëlle Krikorian. Mais elle s'oppose à des avancées sur les 3 autres questions.

Berset pour un "équilibre"

Parmi les 46 organisations qui ont envoyé une lettre ouverte aux milliers de participants de l'AMS, plusieurs sont suisses. La Suisse est considérée comme l'un des pays les plus problématiques, certes derrière l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Mme Krikorian dénonce 85% de marges sur certains médicaments.

Particulièrement ciblé, le groupe bâlois Novartis est accusé de vendre 500 fois plus cher un produit dont elle a acheté les composantes à des laboratoires pharmaceutiques publics aux Pays-Bas. Lundi, le conseiller fédéral Alain Berset avait dit à Keystone-ATS au début de l'AMS que l'important est "de préserver l'équilibre" entre la rémunération des recherches de l'industrie pharmaceutique et les capacités de soigner les populations.

Une déclaration qu'une autre militante de l'accès aux médicaments rejette. "Les gouvernements ont la responsabilité de soigner leurs actionnaires qui sont le public et les patients", dit-elle. Et de dénoncer des prix de médicaments plus élevés dans certains pays en développement que dans des pays riches.

Pays visés

Aucun lien ne peut être établi entre les prix et la situation économique des pays, les besoins des patients ou encore les coûts de la recherche, renchérit Mme Krikorian. Et "l'accès aux médicaments est un problème mondial, y compris dans des pays riches". Parmi les différentes composantes du projet de résolution, les coûts des tests cliniques sont la plus controversée.

M. Berset s'interroge de son côté sur l'effet des nouvelles technologies qui permettront un traitement personnalisé, avec une seule intervention au lieu d'une thérapie étalée sur plusieurs années. Il sera difficile, selon lui, pour les fabricants de trouver un marché dans une situation aussi individualisée.

Il faut d'abord garantir que de premiers médicaments "restent accessibles pour la population", estime l'une des militantes. Selon elle, les ministres des finances ou du commerce devraient participer à cette discussion plutôt que leurs homologues de la santé. Au total, 8 pays tentent de torpiller la résolution qui pourrait être vidée de tout indicateur sur les coûts. Celle-ci ne serait pas contraignante.

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